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La Santé publique ne veut pas d’industrie du pot

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OTTAWA | Les t-shirts, casquettes ou tasses à l’effigie du cannabis légal devraient être interdits, croit l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), qui souhaite rendre la vie dure aux gros producteurs prêts à envahir le marché avec la légalisation.

Le centre d’expertise du gouvernement du Québec rêve que le cannabis légal soit fourni par une industrie de petite taille, où la publicité et l’affichage seraient strictement réglementés.

Maude Chapados. INSPQ
Photo d'archives
Maude Chapados. INSPQ

« Ce qu’on ne veut pas voir, c’est une substance banalisée. Il y a des gens qui consomment, c’est correct de leur fournir du cannabis de qualité, mais on ne veut pas voir la création d’une grosse industrie », a expliqué mercredi Maude Chapados, conseillère scientifique à l’INSPQ.

Elle est intervenue devant le comité parlementaire sur le projet de loi C-45, à Ottawa, qui a pour but de légaliser le cannabis pour juillet 2018.

La vision de l’INSPQ rejoint celle du Barreau du Québec, qui a plaidé mardi pour l’affichage neutre des produits du cannabis, comme ce qui est prévu pour le tabac.

Débat

Les entreprises existantes de cannabis médical, qui comptent conquérir le marché récréatif dès l’an prochain, ont au contraire demandé à ce que soit permise la publicité destinée aux adultes. Ils veulent notamment que leurs clients puissent distinguer les fleurs légales de celles qui circulent sur le marché noir.

« Il y a toujours eu un débat entre l’industrie et les organismes de santé publique », a reconnu Mme Chapados, questionnée par des députés fédéraux.

L’INSPQ entend inciter les consommateurs actuels à se détourner des joints pour adopter des modes de consommation moins toxiques, comme les cigarettes électroniques au cannabis. Ses experts craignent toutefois que l’arrivée des nouveaux produits n’attire de nouveaux consommateurs vers la drogue.

Pour empêcher que quelques gros joueurs s’emparent de l’industrie du cannabis légal, l’Institut s’est aussi prononcé en faveur d’un monopole d’État pour la production et la distribution de la drogue.

L’âge de consommation devrait être le même que pour l’alcool ou le tabac, soit 18 ans.

Ces aspects seront examinés par Québec, qui a terminé mardi ses propres consultations publiques sur l’encadrement du cannabis légal.