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Le pré-rut de l’orignal

Campeau
photo courtoisie Les amateurs de sensations fortes auraient intérêt à tenter leur chance à l’arc ou à l’arbalète durant le pré-rut, qui devrait se terminer dans environ une semaine.

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Les chasseurs à l’arc et à l’arbalète ont la possibilité, dans bien des régions, de profiter d’une période tout à fait spéciale : le pré-rut de l’orignal.

Pendant encore quelques jours, jusqu’aux environs du 21 septembre, le roi de la forêt change de comportement à la suite de la diminution de la période de luminosité, car son taux de testostérone monte en flèche. Il en découle alors un esprit de compétition accru entre les géniteurs pour les territoires afin de pouvoir courtiser les femelles avoisinantes.

Plusieurs bucks seront alors très agressifs et se disputeront le droit de régner en se confrontant face à face avec leurs bois imposants. Ils se bagarreront et se pousseront fortement jusqu’à l’épuisement ou la résignation de l’un des combattants. Une certaine hiérarchie s’imposera d’elle-même afin de déterminer quels seront les mâles dominants pour la reproduction.

Les signes distinctifs qui vous indiquent cette période sont les grattages sur les branches et les troncs d’arbre des feuillus ainsi que l’apparition de souilles destinées à stimuler la libido des femelles en chaleur.

Les caméras de surveillance sont utiles pour localiser les spécimens et connaître la fréquence de leurs déplacements. Vous remarquerez que les mâles qui fréquentent votre milieu auront un panache avec du velours se détachant en lambeaux après avoir violemment frotté les branches et les troncs afin de laisser des traces pour signifier leur présence. En consultant la date sur vos clichés, vous saurez avec précision à quel moment débute le pré-rut dans votre secteur.

Conseils d’un pro

Serge Lyonnais est un passionné qui chasse ces cervidés depuis plus de 45 années. Ce jeune sexagénaire a de nombreux trophées à son actif.

Selon ce chic type, il y a certains avantages à favoriser cette période. Il y a tout d’abord la quiétude des lieux, car il n’y a pas beaucoup de chasseurs dans la forêt à ce temps de l’année. De plus, cela vous permet d’arpenter votre territoire à la chasse fine sans craindre de déplacer vos orignaux vers les voisins. En contrepartie, la difficulté majeure de cette période est que le mercure varie très souvent et que l’on peut ressentir des températures de plus de 20o Celsius régulièrement. N’appréciant pas les grandes chaleurs, l’orignal limitera ses déplacements lorsque le thermomètre indiquera des valeurs supérieures à 15o.

Étant alors plus actif la nuit, il est préférable de chasser très tôt le matin jusqu’à 9 heures puis à la fin de la journée, après 15 heures, jusqu’à 30 minutes après le coucher du soleil.

La prospection

Si ce n’est pas déjà fait, vous auriez grandement avantage à faire le tour de votre site de chasse afin de localiser les endroits clés comme les lacs isolés, les étangs formés à la suite du travail des castors ainsi que les petits lagons adossés à une forêt mature. Tentez d’y découvrir certains signes du passage des gros mâles quand ils vont boire

ou lorsqu’ils se déplacent pour se rafraîchir.

Pendant votre prospection, il est primordial de trouver quelques emplacements stratégiques pour installer un mirador ou une cache temporaire. Rappelez-vous que le vent dominant vient de l’ouest et que les vents de mauvais temps viennent particulièrement du côté est. Planifiez certains scénarios afin de vous positionner à bon vent.

Quand vous découvrirez des frottages sur les branches, vous pourrez déterminer la grosseur de l’auteur en vous attardant sur sa hauteur. Plus il sera haut, plus vous aurez de chances qu’il s’agisse d’un dominant de grande taille. Étant très territoriaux, ces derniers laissent souvent de nombreux signes dans un secteur donné.

Les dialogues

Les mâles ne sont pas encore nécessairement réceptifs à l’appel d’une femelle en chaleur. Ils réagiront toutefois vivement aux grognements d’un jeune prétendant surtout si vous les accompagnez de délicats frottages peu agressifs.

Ne callez pas trop fort et privilégiez les cris d’un jeune mâle qui veut se distinguer pour trouver une compagne réceptive. Serge Lyonnais recommande aussi de ne pas émettre de grands gémissements de femelle qui n’en finissent plus. Optez plutôt pour des appels très courts, tout en douceur. Si vous n’avez pas de réponse au bout de 20 minutes, déplacez-vous dans un boisé de feuillus matures de préférence et recommencez le même manège.

Les odeurs

On ne le mentionnera jamais assez, il est très important de camoufler votre odeur humaine avec des produits comme le Nok Out ou autre du genre.

Servez-vous d’un bac de plastique pour ranger vos vêtements et placez-y quelques branches de sapin. Vos fringues s’imprégneront de cette bonne odeur naturelle.

Relève

Les néophytes de moins de 18 ans qui aimeraient découvrir tous les plaisirs qui découlent de la chasse aux oiseaux migrateurs ainsi que les nemrods assidus qui souhaitent initier de jeunes enthousiastes devraient se préparer pour les journées de la relève. Les manieurs de fusil du district F, qui englobe les régions de Mont-Laurier, Montréal, Sherbrooke et Québec, devraient retenir la date du 16 septembre . Lors de cet événement, les jeunes chasseurs ne sont pas tenus de détenir le permis de chasse aux oiseaux migrateurs considérés comme gibier du gouvernement fédéral pour participer. Ils doivent toutefois se conformer à toutes les exigences en matière de sécurité et de permis prescrites par la loi sur les armes à feu et par les règlements de chasse provinciaux. Ces derniers doivent être accompagnés d’un mentor adulte détenteur d’un permis valide. L’adulte ne peut chasser ou être en possession d’une arme à feu et ne peut parrainer plus de deux jeunes chasseurs. Seuls les nouveaux adeptes peuvent faire feu. Lors de cette belle journée, les nouveaux nemrods pourront prélever des canards (autres que les arlequins plongeurs), des oies, des bernaches, des bécasses et des bécassines ainsi que des foulques, des gallinules et des tourterelles tristes. Visitez le site www.ec.gc.ca/rcom-mbhr/ pour en savoir plus.