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Sachant que la survie des espèces est conséquente à leur capacité d’adaptation, je demeure surpris lorsque des analystes ou des militants de la scène politique reprochent à des leaders de changer trop facilement d’idée en cours de débats ou face aux critiques. Bizarrement, l’orthodoxie est exigée plus drastiquement pour le Parti québécois.

Girouette ou intelligent

Il est logique d’attendre de la constance dans les idées chez les dirigeants des formations politiques ou des organisations de la société civile moindrement structurées. Les standards apparaissent toutefois plus élevés pour Jean-François Lisée, si nous prenons connaissance de la flopée de commentaires lui reprochant ses virages fréquents et ses penchants stratégiques.

Le Parti québécois se révèle d’ailleurs plus fragile aux ajustements dans son discours lorsqu’on constate son étiolement des dernières années, pendant que les libéraux s’en tirent à bon compte avec des promesses rompues et une austérité artificiellement créée. La CAQ bénéficie de ce genre de clémence pour ses prises de position opportunistes. Même sans véritable programme, QS s’évite les foudres médiatiques.

Si le chef péquiste restait cantonné dans ses pensées, il serait accusé d’intransigeance. Lorsqu’il module ses orientations, ses pourfendeurs appellent à la méfiance. La frontière est mince entre l’attribution d’un comportement de girouette et l’expression d’un signe d’intelligence ; il serait toutefois loufoque de réclamer du chef péquiste qu’il fasse fi de la réalité dans laquelle sa formation navigue.

Cap et destination

Le chemin pour mener à bon port est parsemé d’embûches et nécessite parfois des détours, tout comme ces Québécois qui l’ont expérimenté pour rentrer chez eux à cause des ouragans aux Antilles.

Dans la mesure où la destination est claire pour le chef Lisée et son équipage et qu’il s’emploie à la partager avec le plus grand nombre de Québécois possible, il serait injuste de lui reprocher de changer de voie pour contourner les turbulences et s’y rendre.