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Une barre contre les tireurs fous bientôt testée dans des écoles

La Ville de Québec subventionne un projet pilote dans six bâtiments

Guy Fiset (sur la photo), concepteur de la barre de confinement qui a été inventée par l’enseignant Simon Lepage, de Québec.
Photo Facebook Guy Fiset (sur la photo), concepteur de la barre de confinement qui a été inventée par l’enseignant Simon Lepage, de Québec.

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Une barre qui sert à protéger des élèves en cas d’intrusion d’un tireur fou sera bientôt testée dans des écoles et des lieux publics dans le cadre d’un projet pilote financé par la Ville de Québec.

Une subvention d’un maximum de 200 450 $ sera versée à l’entreprise ECD Canada, basée à Québec, qui a conçu un dispositif appelé barre de confinement qui permet de bloquer rapidement une porte si un tireur faisait irruption dans un bâtiment.

Guy Fiset (sur la photo), concepteur de la barre de confinement qui a été inventée par l’enseignant Simon Lepage, de Québec.
Photo Facebook

Ce projet pilote permettra de tester ce nouvel outil « en situation réelle » dans six bâtiments choisis par le Service de police de la Ville de Québec – dont des écoles primaires et secondaires de même que d’autres lieux publics – afin de déterminer si ce produit améliore « l’efficacité des opérations et la protection du public », peut-on lire dans un document de la Ville de Québec.

Le montage financier de ce projet, d’une durée de deux ans, prévoit l’installation de 300 barres de confinement.

La Ville de Québec a toutefois refusé de donner davantage d’informations sur ce projet pilote, qui fera l’objet d’un point de presse au cours des prochaines semaines. Même réponse du côté de l’entreprise ECD Canada, qui a aussi refusé de répondre à nos questions.

Inventée par un enseignant

Sur le site internet de l’entreprise, l’enseignant Simon Lepage explique que l’idée de créer cette barre de confinement lui est venue il y a quelques années, après un exercice de confinement barricadé.

« J’entendais mes collègues enseignants s’inquiéter au sujet d’un blocage adéquat de la porte, comme le protocole l’exige lors d’une situation d’urgence. Je me suis dit que je pourrais mettre en place un outil extrêmement simple tant pour les enseignants que pour les élèves », peut-on lire.

M. Lepage enseigne dans un centre de formation professionnelle à Charlesbourg, où une barre de confinement a été installée l’an dernier à titre expérimental, indique la secrétaire générale de la Commission scolaire des Premières-Seigneuries, Martine Chouinard.

Restriction

La Commission scolaire, qui n’avait pas donné suite à cette expérimentation, se dit « ouverte » à collaborer au projet pilote financé par la Ville de Québec, à condition que cette participation se fasse à coût nul, précise Mme Chouinard.

Aucune des commissions scolaires de la région de Québec n’a encore été sollicitée officiellement pour participer à ce projet.


Comment ça marche ?
  • La barre mise au point par ECD Canada vise à simplifier les exercices de confinement barricadé réalisés dans certaines écoles.
  • En cas d’alerte, il suffit d’abaisser la barre pour bloquer la porte, ce qui peut être fait en moins de cinq secondes, selon l’entreprise.

Des exercices remis en question

Les simulations qui visent à enseigner aux élèves quoi faire si un tireur faisait irruption dans leur école sont remises en question à la Commission scolaire de Montréal (CSDM).

De telles pratiques, que l’on appelle des « exercices de confinement barricadé », existent dans « certaines écoles » de la CSDM sans toutefois être généralisées, indique son porte-parole, Alain Perron.

Les élèves ont peur

Or, un comité a été mis en place l’an dernier pour réfléchir à la pertinence et aux impacts de ces exercices. « Des parents de mon quartier nous ont alertés quand ça s’est produit dans leur école. Ils ont vu les effets très anxiogènes que ç’a eus sur leurs enfants », raconte la commissaire indépendante Violaine Cousineau, qui est à l’origine de cette initiative.

Les travaux du comité ne sont pas encore terminés, mais selon des informations transmises en juin lors d’une séance du Conseil des commissaires, l’imposition des exercices de confinement obligatoire dans toutes les écoles est écartée pour l’instant.

Du côté de la Commission scolaire des Premières-Seigneuries, à Québec, le personnel doit se livrer chaque année à un exercice de confinement, mais en l’absence des élèves, comme recommandé par le Service de police de la ville de Québec (SPVQ), indique-t-on.

À la Commission scolaire de la Capitale, ce sont les directions d’école qui décident si de tels exercices ont lieu ou non alors qu’à la Commission scolaire des Découvreurs, une formation est donnée au personnel en collaboration avec le SPVQ, mais pas nécessairement chaque année.

« Surenchère sécuritaire »

La commissaire Violaine Cousineau se questionne par ailleurs sur la pertinence de tester une barre de confinement dans des écoles.

Cet exercice contribue à une « surenchère sécuritaire », selon elle, alors que les besoins pour des services psychologiques sont criants. « Combien de jeunes se suicident plutôt que de mourir des balles d’un tireur fou ? » lance Mme Cousineau.