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Denturologiste radié quatre mois

Michel G. Guay n’a pas prouvé que ses instruments avaient été désinfectés

Denturologiste radié quatre mois
Photo courtoisie

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Un denturologiste de Québec vient d’être radié pour quatre mois parce qu’il n’a pas été en mesure de prouver que ses instruments avaient été désinfectés.

Opérant à différentes adresses à Québec, le denturologiste Michel G. Guay était pourtant encore en poste, hier matin, à son bureau de Place Alexandra, selon plusieurs personnes.

« S’il a posé des actes, ça constitue une pratique illégale », a affirmé Serge Tessier, le syndic de l’Ordre, en confirmant que la radiation de quatre mois débutait le 12 septembre.

Signifiée mardi par huissier, la sévère radiation de Michel G. Guay prenait effet immédiatement.

Les démêlés de M. Guay ont débuté en 2013 lorsqu’il a été incapable de transmettre des documents attestant de la conformité de son stérilisateur lors d’une inspection professionnelle.

L’Ordre des denturologistes exige qu’un test biologique du stérilisateur soit fait, une fois par mois, par un laboratoire indépendant afin de s’assurer que les instruments utilisés sont bien désinfectés. Les tests doivent ensuite être conservés pour validation.

Or, lors de l’inspection, aucun document attestant de la bonne stérilisation des instruments de Michel G. Guay n’était disponible. Après avoir plaidé coupable en 2015, M. Guay avait pris l’engagement de fournir ses tests futurs au syndic pour les 12 mois suivants, engagement qu’il n’a jamais respecté.

C’est le bureau opéré par Michel G. Guay dans la résidence pour personnes âgées Place Alexandra qui est visé par la plainte menant à une radiation de quatre mois.
Photo Nicolas Saillant
C’est le bureau opéré par Michel G. Guay dans la résidence pour personnes âgées Place Alexandra qui est visé par la plainte menant à une radiation de quatre mois.

Documents falsifiés

Pire encore, pour sa défense, le denturologiste a mis en preuve des documents du Laboratoire de contrôle microbiologique de la Faculté de médecine dentaire de l’Université Laval chargé de faire les analyses indépendantes qu’il avait lui-même falsifiés.

M. Guay n’a « pas froid aux yeux », écrit le conseil qui s’est fait présenter des « documents tronqués » en audition « à l’insu du laboratoire ».

C’est donc dire que, depuis 2013, aucune « procédure de contrôle des stérilisateurs qu’il utilise » n’a été effectuée par le denturologiste Guay à sa clinique qui a pignon sur rue dans la résidence pour personnes âgées Place Alexandra. Si le denturologiste nettoyait ses instruments, il était incapable de prouver que ceux-ci étaient stérilisés efficacement.

Pour sa part, le patron de Place Alexandra, René Belisle, qui loue un local à Michel Guay, avouait apprendre la nouvelle par Le Journal. « Je n’ai pas à contrôler son commerce, si quelqu’un doit le faire, c’est son ordre professionnel », a dit M. Belisle. Michel G. Guay n’a pas rendu nos appels.

Extraits de la décision

« Il continue et persiste à accumuler les infractions, à mentir aux officiers de l’Ordre et, surtout, à continuer à être une source de préoccupation constante pour la protection du public »

« L’intimé a de nombreux antécédents disciplinaires, notamment en semblables matières, dont les premières traces remontent à plus de 15 ans »

« Non seulement l’intimé a contrevenu aux normes et procédures de contrôle des stérilisateurs qu’il utilise dans l’exercice de sa profession, ce qui est grave en soi, mais, au surplus [...] il a laissé croire qu’il les respectait par le dépôt devant le Conseil de pièces qui s’avéreront le fruit d’un montage »

3 chefs pour lesquels il a été déclaré coupable

1. Entre le 26 février 2015 et le 26 février 2016, il a surpris la bonne foi d’un confrère en ne respectant pas son engagement signé de lui fournir, pendant les 12 mois suivants, le résultat mensuel des tests biologiques des stérilisateurs qu’il utilise.

2. Il a posé un acte dérogatoire à l’honneur ou à la dignité de la profession en ne respectant pas l’engagement pris.

3. N’a pas respecté les principes éprouvés et reconnus de la denturologie, notamment en ce qui concerne les stérilisateurs efficaces.

Radié entre le 2 septembre 2017 et le 12 janvier 2018