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La recette du cynisme

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Il fut un temps où le premier indice d’une élection à venir était une pluie de promesses du gouvernement sortant pour des routes dans des comtés bien ciblés. Comme quoi, l’instrumentalisation politique de la manne des Transports ne date pas d’hier.

Depuis plusieurs années, tous partis confondus, l’indice numéro un est l’imminence d’une baisse d’impôts. Tant qu’à s’acheter des votes, aussi bien pousser l’enveloppe jusqu’à le faire à même l’argent que l’on jure « redonner » après l’avoir « économisé » sur le dos du même monde.

À un an du prochain scrutin, il en va ainsi pour le gouvernement Couillard. Sa première étape fut d’engranger des surplus grâce entre autres à un affaiblissement notoire des services publics au nom de l’« austérité ». Ce qui, comme par hasard, lui permettra de baisser les impôts d’ici un an.

Cercle vicieux

C’est le même cercle vicieux dans lequel les gouvernements nous enferment depuis vingt ans. On commence par crier au gouffre budgétaire supposément laissé par le régime précédent.

Ce présumé gouffre sert ensuite à justifier des compressions qui diminuent les services directs à la population. Y compris chez les plus vulnérables. Résultat : les inégalités sociales s’accentuent pendant que le privé, pour compenser les manques du secteur public, gagne du terrain.

À mi-mandat, l’arc-en-ciel fend les nuages. Le premier ministre du jour proclame solennellement l’atteinte du sacro-saint déficit zéro et s’auto-déclare sauveur de la nation.

Miracle

Finalement, en chemin vers les élections, le miracle de la multiplication des baisses d’impôts se produit. Comme une recette bien huilée, il ne reste plus au prochain gouvernement qu’à recommencer la même séquence parfaitement éhontée.

Sans rire, Philippe Couillard qualifie maintenant de « restauration » la phase d’austérité. La suite, dit-il, sera celle de la « transformation ». De bien jolies paroles verbales, comme dirait l’autre.

C’est un processus cynique, vous avez dit ? Bravo ! Vous remportez le prix de l’euphémisme de l’année.