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Le public embauche, le privé licencie

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Alors que le Québec affiche depuis le début de l’année une solide croissance économique, il s’est perdu 7600 emplois dans le secteur privé au cours des huit premiers mois de l’année. Pendant cette même période, l’Ontario bénéficiait de la création de 60 800 postes dans le secteur privé.

Malgré cette étonnante contre-performance de l’embauche dans le secteur privé québécois, la création d’emplois affiche tout de même une croissance de 32 800 emplois depuis décembre dernier.

C’est surtout grâce au secteur public si le marché du travail affiche une telle augmentation d’emplois.

Depuis décembre 2016, selon Statistique Canada, il s’est ajouté 23 800 emplois dans le secteur public, lequel inclut les employés travaillant au Québec, les gouvernements de Québec et d’Ottawa, les municipalités, les institutions d’enseignement public, les services de santé et sociaux, les sociétés d’État, les hôpitaux, etc.

C’est donc dire qu’on doit au secteur public 72,6 % de tous les nouveaux emplois créés lors des huit premiers mois de l’année en cours.

Autre constat à souligner. De tous les emplois créés au Canada dans le secteur public lors des huit premiers mois de l’année 2017, le Québec compte pour 74,3 %.

La dynamique création d’emplois dans le secteur public risque de soulever la controverse en raison de l’augmentation des dépenses gouvernementales que cela entraîne inévitablement.

L’autre secteur du marché du travail québécois qui a connu une belle performance, c’est celui des « travailleurs indépendants ». Il affiche une augmentation de 16 600 emplois en huit mois.

L’OBJECTIF LIBÉRAL

La création depuis le commencement de l’année de 32 800 nouveaux emplois a de quoi rassurer le gouvernement libéral de Philippe Couillard face à sa promesse électorale (en 2014) de créer 250 000 emplois en cinq ans.

Depuis le retour au pouvoir des libéraux, le 8 avril 2014, le Québec affiche la création de 191 000 emplois. En voici la répartition par secteur.

  • Secteur public : + 64 600
  • Secteur privé : + 119 400
  • Travailleurs indépendants : + 7000

Si la tendance se maintient, l’objectif des 250 000 emplois en cinq ans sera non seulement atteint... mais fort probablement dépassé.

CEPENDANT...

Comme la santé de l’économie canadienne est largement tributaire des États-Unis, il va sans dire que le protectionnisme du gouvernement Trump représente en soi un facteur potentiellement négatif, tant pour le Québec que pour l’ensemble du Canada.

Par exemple, s’il advenait que le Canada subisse des reculs importants dans le cadre de la renégociation de l’ALENA, l’économie du Québec en subirait de lourdes conséquences économiques puisque le marché américain est le principal client de nos exportateurs.

La hausse des taux d’intérêt et l’augmentation du dollar canadien sont deux autres facteurs qui pourraient nuire à la croissance économique au fil des prochains semestres.