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Une policière veut un arrêt des procédures

Inculpée de conduite dangereuse causant la mort, Isabelle Morin doit subir son procès en mars 2018

L’avocat de la policière Isabelle Morin entend déposer une requête en arrêt des procédures au début du procès qui a été reporté au mois de mars 2018.
Photo d'archives Steve Poulin L’avocat de la policière Isabelle Morin entend déposer une requête en arrêt des procédures au début du procès qui a été reporté au mois de mars 2018.

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Estimant ne pas «avoir tous les éléments de preuve permettant à sa cliente d’avoir droit à une défense pleine et entière», l’avocat d’une policière du SPVQ accusée de conduite dangereuse ayant causé la mort entend déposer une requête en arrêt des procédures au début du procès qui a été reporté au mois de mars 2018.

Initialement, le procès de la policière Isabelle Morin, impliquée dans l’accident ayant causé la mort de Jessy Drolet, devait débuter en novembre.

Or, jeudi, l’avocat de la policière, Me Jean-François Bertrand, a débattu d’une «première requête» visant à obtenir différents éléments qui n’ont pas été divulgués à la défense.

Me Bertrand a demandé au juge Pierre L. Rousseau de rendre accessible, «dans le cadre d’une défense pleine et entière», le dossier médical du défunt qui, à la suite d’un autre accident de la route survenu auparavant, en août 2014, a été gravement blessé aux deux jambes.

«Notre prétention sera alors de vous démontrer que la capacité de conduire de la victime en était ainsi affectée», a plaidé Me Bertrand.

Pour sa part, l’avocate qui représente la Couronne, Me Julie Drolet, a déposé en preuve la vidéo captée par les caméras du ministère des Transports le soir de l’accident qui a causé la mort de Jessy Drolet. 

Jessy Drolet (la victime) était âgé de 38 ans.
Photo d'archives
Jessy Drolet (la victime) était âgé de 38 ans.

On y voit le motocycliste être «coupé» par le véhicule policier à quelques mètres seulement du point d’impact.

Selon le ministère public, ces seules images parlent d’elles-même, et elle estime la demande de la défense «non pertinente» au présent dossier.

C’est le 30 octobre prochain que le magistrat fera savoir aux parties si la requête de la défense est acceptée.

Pour expliquer la demande du report de la tenue du procès, l’avocat qui est entré au dossier en mars dernier a invoqué qu’une problématique est survenue «au niveau du logiciel de l’expert» mandaté par la défense.

Comme la compagnie qui gère le programme est située en Floride, Me Bertrand a invoqué le fait que «présentement, les gestionnaires avaient d’autres problèmes à régler à la suite du passage de l’ouragan Irma». Des raisons valables aux yeux du juge qui a reporté la cause.

Présente dans la salle, la mère de la victime, Marlène Drolet, a fait savoir que «ces requêtes et reports» ne la troublaient pas, du moins «pas vraiment».

Malgré la lenteur du processus judiciaire, la femme a l’impression que désormais, «le dossier avance» et «qu’un jour, il lui sera possible d’entreprendre son processus de deuil».

La mère de Jessy Drolet, Marlène Drolet, a fait savoir jeudi que les « requêtes et reports » ne la troublent pas, du moins « pas vraiment ».
Photo Kathleen Frenette
La mère de Jessy Drolet, Marlène Drolet, a fait savoir jeudi que les « requêtes et reports » ne la troublent pas, du moins « pas vraiment ».

Rappelons que la collision est survenue dans une zone de travaux située sur l'autoroute Laurentienne à la hauteur de la sortie George-Muir.

À ce moment, la direction nord était bloquée et la circulation était déviée en direction sud.

La voie était séparée par des cônes. C’est à la suite d’un demi-tour effectué par la policière que le motocycliste a percuté le véhicule de patrouille de plein fouet.

Preuve de réalité virtuelle: une première au Canada

Dans le cadre du procès de la policière Isabelle Morin, une preuve d’expert sera présentée en réalité virtuelle, ce qui serait une première au Canada.

L’avocat de l’accusée, Me Jean-François Bertrand, a expliqué qu’à l’aide de cette preuve, le juge sera plongé dans le même environnement que celui dans lequel la policière se trouvait le soir du 10 septembre 2015, mais aussi, il aura le point de vue qu’avait le motocycliste décédé, Jessy Drolet.

Pour ce faire, «chaque pouce de la route» a été scanné, ainsi que «chaque arbre». Le logiciel a toutefois connu «un léger problème», entrainant ainsi le report du procès qui devrait avoir lieu en mars 2018.