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Terrorisme: les gendarmes ne s’attendaient pas à trouver une recette de bombe

El Mahdi Jamali (à gauche) et Sabrine Djermane sont accusés de terrorisme.
Illustration AGENCE QMI, DELF BERG El Mahdi Jamali (à gauche) et Sabrine Djermane sont accusés de terrorisme.

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Les gendarmes ne s’attendaient pas à trouver une recette de bombe lorsqu’ils ont fouillé le domicile du jeune couple montréalais accusé de terrorisme, a affirmé l’un d’eux vendredi.

« C’était une lettre avec les procédures à suivre pour fabriquer un engin explosif à partir d’un autocuiseur », a témoigné le gendarme Kaven Chartrand au procès du couple.

Sabrine Djermane et El Mahdi Jamali, âgés de 21 et 20 ans, font face à quatre accusations liées au terrorisme.

La Couronne fédérale leur reproche d’avoir tenté de quitter le pays dans le but de commettre un acte terroriste à l’étranger et d’avoir possédé illégalement une substance explosive, mais aussi d’avoir facilité un acte terroriste et d’avoir commis des gestes au profit d’une organisation terroriste.

Engin explosif

Le gendarme Chartrand a témoigné en expliquant que, durant la perquisition dans un appartement de la rue Aird loué par les deux accusés, il avait remarqué un cartable déposé sur une table.

Fort de son expérience dans les Forces armées canadiennes en Afghanistan, il a immédiatement remarqué la recette écrite à la main. Selon la preuve que compte présenter la Couronne fédérale, la recette avait été écrite par Jamali. Cette recette serait identique à celle publiée par Al-Qaïda­­­ dans son magazine Inspire.

« J’ai des connaissances de base, c’était pour un engin explosif improvisé », a-t-il dit.

Les policiers ont aussi trouvé certains ingrédients pour fabriquer une bombe avec un reçu confirmant que Jamali avait effectué les achats, selon la preuve que compte présenter la Couronne durant le procès.

Allah

Sur l’une des pages du cartable, la phrase « Faites confiance à Allah » était écrite à la main. Un cierge à l’effigie de Jésus ainsi que des vêtements, apparemment neufs, puisqu’ils avaient encore leur étiquette, avaient également été trouvés dans l’appartement.

En contre-interrogatoire, le gendarme a expliqué avoir aussi enquêté au Collège de Maisonneuve, où étudiaient les deux accusés. Des jeunes de ce cégep étaient partis pour la Syrie plus tôt cette année, et il avait été dépêché sur les lieux pour une histoire de casier incendié. Il voulait donc vérifier si Djermane et Jamali pouvaient être liés à cet incident.

Ce n’était pas le cas, a-t-il conclu.

Le procès se poursuit la semaine prochaine au palais de justice de Montréal. Me Lyne Décarie officie pour la Couronne fédérale. Djermane est défendue par Me Charles Benmouyal, tandis que Jamali est représenté par Me Tiago Murias.