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Aider les indigents au refuge Meurling

1933

Avant Après
Photo courtoisie, archives de la Ville de Montréal, Fonds des affaires institutionnelles, VM94-Z426.
Photo courtoisie

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Meurling, un bienfaiteur et un refuge

À l’écart des rues animées du Vieux-Montréal touristique se dresse aujourd’hui la coopérative d’habitation du refuge Meurling. Au début du XXe siècle, Gustave Meurling, un voyageur franco-belge ayant longuement séjourné à Montréal vers 1870, lègue par testament un montant important à la Ville pour le financement d’œuvres charitables. L’époque est celle des mouvements de réforme qui poussent les gouvernements à fonder des asiles publics pour les nombreux indigents. En effet, le problème du vagabondage – c’est ainsi qu’on désigne alors l’itinérance – est notable dans les villes du tournant du XXe siècle et Montréal n’y fait pas exception. Le refuge Meurling représente un nouveau progrès, puisque le lieu qui recevait jusque-là les itinérants pour la nuit était... la prison de Montréal ! Il ouvre ses portes en 1914 et fournit cette année-là 65 652 couchers et 142 590 repas. L’endroit est conçu pour accueillir, nourrir et blanchir en moyenne 180 hommes, quotidiennement.

Ça va venir, découragez-vous pas...

En 1930, au moment où la Bolduc chante sa célèbre chanson, la métropole industrielle du Canada est gravement touchée par la crise économique. Le crash boursier de 1929 a poussé dans l’indigence plusieurs milliers d’ouvriers qui, sans travail ni économies, se retrouvent dans une situation dramatique. Chaque jour, des centaines de chômeurs font la file rue du Champ-de-Mars, sous le regard de policiers qui surveillent les lieux. Au début de la crise, le refuge accueille plus de 204 400 personnes pour le coucher et leur offre au moins 435 500 repas. La moyenne quotidienne est donc de 520 indigents qui passent la nuit au refuge et près de 1 200 repas servis chaque jour ! Le chiffre est considérable et montre non seulement l’intensité de la crise, mais surtout la précarité de la situation des chômeurs, souvent des hommes peu qualifiés offrant leurs services en tant que journaliers dans les industries du port et des quartiers ouvriers du sud de la ville.

Les soupes populaires et les premiers services sociaux

Photo courtoisie, archives de la Ville de Montréal, Fonds des affaires institutionnelles, VM94-Z52-1.

Près de la marmite qui chauffe, quelques bols de soupe attendent d’être servis aux grandes tables communes. Les hommes assis devant nous, sans doute épuisés, profiteront trop peu de ces quelques instants de répit. Le refuge Meurling témoigne bien des services sociaux offerts à Montréal au début du XXe siècle. L’aide aux nécessiteux est alors surtout constituée d’initiatives privées provenant des communautés catholiques ou protestantes. Chacun offre des services de son côté et se finance grâce aux dons et aux campagnes de financement. Des organismes comme le refuge catholique Sainte-Brigide, entre autres, s’occupent des vieillards et des familles pauvres en offrant des soupes populaires et des abris parfois adaptés pour les vagabonds. Les initiatives privées sont donc la norme, plutôt que les interventions de l’État. La crise force les gouvernements à mettre sur pied des plans de travaux publics pour mettre les chômeurs au travail et relancer l’économie.