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«Un honneur et un privilège»

Samuel Matteau a présenté son premier film, Ailleurs, devant les siens, samedi, au FCVQ

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La soirée de samedi revêtait un cachet spécial pour le milieu du septième art local alors que le Festival de cinéma de la ville de Québec (FCVQ) déroulait son tapis rouge pour Ailleurs, premier long métrage de Samuel Matteau, un film tourné à Québec avec des gens de Québec.

La fébrilité était d’ailleurs bien palpable quand Le Journal a rencontré le réalisateur et la productrice Valérie Bissonnette, dans l’après-midi, quelques heures avant la projection du film devant une salle qu’on prévoyait bien remplie.

« On est “ben” énervés », a laissé échapper Mme Bissonnette avant même qu’une seule question soit posée.

Cette nervosité a pu être partagée en groupe. Tous les jeunes acteurs du film, dont Theodore Pellerin et Noah Parkin, ont fait le voyage pour l’occasion.

« C’est un très grand privilège et un honneur de pouvoir accoucher de ce film avec les amis, la famille et la communauté de Québec. C’était important pour nous que les gens d’ici soient les premiers à le voir », a souligné Samuel Matteau.

Prendre du recul

L’accouchement, pour reprendre la métaphore du réalisateur, a été long. Deux ans se sont écoulés depuis le tournage de ce drame qui suit deux adolescents en fugue qui sont accueillis par d’autres jeunes itinérants dans un squat de la basse ville de Québec.

Le plan initial prévoyait une sortie au Festival de cinéma de la ville de Québec en septembre 2016. Mais alors que c’était la course folle pour terminer le montage, Samuel Matteau a réalisé qu’il aurait besoin de plus de temps pour produire les effets visuels désirés et « prendre du recul » par rapport à son récit.

« J’avais besoin de trois ou quatre mois. Il fallait que je fasse des apprentissages, que je guérisse des blessures du tournage. J’avais du travail à faire sur moi-même pour revenir sur l’œuvre et pour que je la comprenne mieux. »

Québec vue sous un autre angle

Un des rares longs métrages tournés à Québec, Ailleurs se promène un peu partout en ville, principalement dans des endroits rarement ou jamais montrés au cinéma comme l’Aquarium ou l’îlot Fleurie.

La caméra montre aussi plusieurs œuvres d’art public, dont Éclatement II de Charles Daudelin, devant la Gare du Palais, ou encore le Quatuor d’airain de Lucienne Cornet, au pied du Centre des congrès.

« Je désirais montrer la ville sous un angle différent. Québec a une esthétique romantique allemande, une espèce de mélancolie très proche d’Oliver Twist avec les grands murs de pierre et les structures en métal rouillées », explique le réalisateur.

► Ailleurs devrait prendre l’affiche au cinéma à la fin du mois de décembre. La date exacte n’est pas encore connue.