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Aujourd’hui, j’ai apprécié un disque de Kaïn

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Il y a quelques mois, un groupe canadien qui ne laisse personne indifférent — soit on s’en moque, soit on le défend bec et ongles — lançait son neuvième album. Cette semaine un groupe québécois qui ne laisse personne indifférent — soit on le niaise, soit on attend ses détracteurs au « rack à bécyks » — proposait son septième LP en carrière.

Kaïn - Welcome bonheur

★★★

Photo courtoisie

La différence entre Nickelback et Kaïn (parce qu’il était question d’eux, évidemment) : le premier y est allé d’un disque mou et paresseux. Le second, lui, s’est « mis en danger » et ça s’entend.

« Mis en danger »

Entre guillemets, car ça demeure tout de même du Kaïn, pour le plus grand plaisir des inconditionnels, j’imagine.

N’empêche que, musicalement parlant, le quatuor se fait coquinet et opte pour une direction assurément plus rock... sans toutefois perdre ses points de repère folk et country ainsi que ses inclinaisons pop, bien sûr. La réalisation, incroyablement léchée, d’Éloi Painchaud le souligne à trop gros traits, d’ailleurs. Un coup de manivelle ou deux de moins aurait sûrement aidé l’encanaillement du projet.

Plus Veilleux que Kaïn

L’année dernière, le chanteur et principal parolier de Kaïn, Steve Veilleux, dévoilait un projet audacieux pour sa carrière solo : adapter en chansons la poésie de Gérald Godin. Est-ce que l’aventure aurait inspiré sa propre plume ?

On pourrait croire que oui à l’écoute de ces nouveaux textes plus ciselés et — surtout — versant moins dans le pathos et la nostalgie qu’à l’habitude. C’est surtout là, en fait, que Welcome bonheur se distingue du reste de la discographie du groupe.

Ceci n’est pas une révolution

Mais comme « album de transition », Kaïn laisse entrevoir une suite quand même intéressante. Et s’il n’est pas question ici de « se retourner sur un dix cennes », le groupe aura au moins surpris un de ses détracteurs.

Charlotte Cardin - Main Girl

★★★ ½

Photo courtoisie

Un peu plus d’un an après la parution de son premier maxi, Charlotte Cardin livrait, sans tambour ni trompette (le web s’en est chargé par la suite !) un second jet où elle s’avère toujours aussi insaisissable. L’auteure-compositrice-interprète semble s’inspirer ici à la fois d’Adele et de Rhianna, et s’en tire à merveille... bien que l’offrande manque de personnalité. La question demeure donc : qui est cette Main Girl ?

Foo Fighters - Concrete & Gold

★★ ½

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Outre quelques exceptions, l’œuvre de Foo Fighters me donne de l’urticaire... et ce neuvième disque en carrière n’aide en rien. Concrete & Gold et du vent, en fait, car malgré la « légende » entourant ce LP (Grohl s’isolant du groupe pour se remettre de sa blessure à la jambe, patati, patata), la nouvelle offrande est rudement efficace, certes, mais n’amène rien de neuf au « plus gros groupe rock de notre époque ». Agréable, mais superflu et pour fans, surtout.

Prophets of Rage - Prophets of Rage

★★

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En août 2016, ce « supergroupe » rassemblant des membres de Public Enemy, Cypress Hill et Rage Against The Machine réagissait à la montée de Trump dans les sondages. Un an a passé, et il y va finalement d’un album. Dommage qu’il carbure aux mélodies chargées à bloc, mais surtout cruellement mollassonnes. Côté textes, c’est aussi engagé et risible qu’un statut Facebook. À noter : ce n’est tout de même pas mauvais ; sans être dégueulasse, c’est toutefois décevant.

 

Coup de coeur

 

Mudie - Cordoba

★★★★ 

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Personnage culte de la scène punk québécoise et figure montante du merveilleux monde des gens qui commentent des affaires dans les médias, Hugo Mudie livre ce mois-ci un album solo étonnant. Si, côté textes, le bonhomme ne fait pas toujours mouche, Mudie et ses sbires concoctent des musiques rock inattendues aux accents power pop et new wave par moments (à défaut d’une meilleure étiquette) qui sont diablement accrocheuses. Outre quelques lancers manqués (Je suis à l’infini, notamment), Mudie et son équipe « dunkent » en masse. Péché mignon de l’heure !