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Une migration sans précédent de papillons orange au Québec

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olivier labigang - stock.adobe.com

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Le Québec est présentement témoin d’une migration sans précédent de papillons orange semblables aux monarques avec lesquels ils sont souvent confondus.

« Si vous avez vu un papillon orange, il y a 99,9 % des chances que ce soit une belle-dame », indique le chercheur à l’Insectarium de Montréal et spécialiste des papillons, Maxim Larrivée. 

Plusieurs centaines de millions de représentants de cette espèce traversent l’est du pays en ce moment pour se rendre plus au sud dans le cadre de leur migration annuelle.

S’ils sont plus nombreux qu’à l’habitude, c’est que les belles-dames ont bénéficié de conditions météorologiques idéales au printemps lors de leur migration vers le nord. Ils ont ainsi pu se rendre très loin, jusqu’au nord de la baie d’Hudson, où ils se sont reproduits en grand nombre. 

« Certaines cohortes ont même pu se reproduire à deux reprises, ce qui explique qu’ils sont beaucoup plus nombreux cette année », explique Maxim Larrivée.

Migration incognito

La migration des belles-dames passe normalement inaperçue puisque les papillons se déplacent à une centaine de mètres dans les airs, explique Maxim Larrivée. Mais des vents du sud les forcent présentement à se tenir près du sol où il est donc possible de les observer en grand nombre. 

Ils devraient toutefois tous être repartis d’ici quelques jours vers le sud-ouest des États-Unis et le nord du Mexique où ils passeront l’hiver, selon le chercheur. 

« Ils ont commencé à arriver au sud il y a une semaine environ et en fin de semaine c’était vraiment le pic de leur migration », dit-il.

Les papillons suivent les cours d’eau lors de leur migration ce qui explique qu’on en retrouve autant au Québec grâce au fleuve Saint-Laurent qui est une voie directe vers les Grands Lacs. 

Papillon en danger

Plusieurs espèces de papillons ont la vie dure depuis plusieurs années, notamment en raison des changements climatiques et de l’utilisation répandue des pesticides.

Les populations de monarques ont diminué de 90 % en 20 ans, indique la chef des projets scientifiques à la fondation David Suzuki, Louise Hénault-Ethier.

« Ils dépendent énormément de l’asclépiade dont leurs chenilles se nourrissent et qui est de plus en plus remplacé par des cultures », explique-t-elle.   

Mais les conditions très clémentes de cet été pourraient toutefois aider puisque les monarques et les belles-dames ont connu leurs meilleures périodes de reproduction depuis de nombreuses années, selon Maxim Larrivée. 

Outre les belles-dames, les amateurs de papillons peuvent présentement observer une douzaine d’espèces différentes à la grandeur de la province.


► Les amateurs de papillons sont invités à envoyer leurs observations au site internet http://www.e-butterfly.org/ pour aider les chercheurs à documenter leurs migrations.

Différencier le monarque et la belle-dame

Monarque

belle-dame
Photo courtoisie

 

  • Corps noir
  • Ailes orange avec des lignes noires et des taches blanches vers le haut
  • Vol détendu
  • Plus grand

Belle-dame

belle-dame
Photo courtoisie

 

  • Corps brun dont la couleur s’étend sur les ailes
  • Ailes orange tachetées de noir et de blanc
  • Vol nerveux
  • Plus petit