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Francœur, «indigne de la profession»

Le chef de police de Québec, Robert Pigeon, réplique au président de la Fraternité des policiers de Montréal

Robert Pigeon
Photo Nicolas Lachance Le chef de police de la Ville de Québec, Robert Pigeon, a tenu à réfuter les allégations du président de la Fraternité des policiers de Montréal, Yves Francœur, devant les médias, mercredi.

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Le chef de police de la Ville de Québec, Robert Pigeon, affirme que le président de la Fraternité des policiers de Montréal, Yves Francœur, n’est pas « digne de la profession de policier ».

« M. Francœur, qui est lui-même policier, à faire une telle déclaration a démontré si peu de rigueur que ça me lève le cœur. Il n’est pas digne de la profession de policier », a pesté M. Pigeon à la suite d’allégations soutenant qu’il était intervenu dans une enquête qui mettait en cause un ex-ministre libéral, et ce, alors qu’il était un haut gradé de la SQ.

Devant les médias, le chef du SPVQ a réitéré qu’il s’agissait « d’allégations choquantes », de « ouï-dire », et qu’il n’a jamais eu accès à des informations sur des élus libéraux, en plus d’ajouter avoir toujours travaillé avec professionnalisme durant son mandat à la commission Charbonneau.

« Je n’ai aucune idée des motivations de M. Francœur. Mais je suis préoccupé par les dommages que ça cause en attaquant le DPCP, l’UPAC, la Sûreté du Québec, le SPVQ [...] Je trouve ça un peu grave ce qu’il est en train de faire, surtout les atteintes que ça peut poser envers nos institutions ».

Lien de confiance

Fâché, M. Pigeon dit craindre pour le lien de confiance des citoyens à l’égard du service de police en raison des déclarations d’Yves Francœur.

« Ça touche directement le lien de confiance entre le service de police et les citoyens de la Ville de Québec. C’est ce qui me préoccupe beaucoup, le lien de confiance, mais encore plus entre le chef de police et ses employés, pour les employés que j’aime beaucoup », a-t-il dit.

M. Pigeon a indiqué être heureux d’avoir obtenu l’appui du maire Régis Labeaume.

Le maire a indiqué avoir toujours confiance en son chef de police. « Les réponses qu’il donne sont très solides. Moi, je me sens en sécurité », a-t-il réagi.

Dupuis nie aussi

Selon la déclaration de M. Francœur, Robert Pigeon aurait agi ainsi parce qu’il « serait un intime de Jacques Dupuis », ex-ministre de la Sécurité publique.

Sur les ondes de LCN, mercredi matin, M. Dupuis a aussi nié les affirmations d’Yves Francœur. « Pour moi, l’indépendance des enquêtes policières était totale », a indiqué M. Dupuis. « Je serais honoré d’être capable de dire que je suis un intime de Robert Pigeon, parce que c’est quelqu’un que je respecte et que j’admire, mais je ne suis pas capable de m’attribuer ce qualificatif ».

— Avec la collaboration de Stéphanie Martin et de l’Agence QMI

 

Extraits des déclarations d’Yves Francœur

Le président de la Fraternité des policiers de Montréal s’est prononcé sur une enquête policière qui aurait été avortée et qui aurait visé l’ex-ministre des Finances du Québec, Raymond Bachand, et l’actuel ministre et leader parlementaire du gouvernement, Jean-Marc Fournier.

« Pigeon aurait voulu le cacher aux procureurs de la commission, qui seraient en “tabarnac” »

« On a demandé aux enquêteurs d’arrêter l’enquête et la surveillance. La demande viendrait de Robert Pigeon, qui serait intime de Jacques Dupuis (ex-ministre libéral de la Sécurité publique) et de Robert Lafrenière (patron de l’Unité permanente anticorruption) »


Autre réaction

« J’ai agi comme commissaire à la CEIC (*). Je peux dire qu’en aucun moment j’ai douté que M. Pigeon ne nous ait pas donné toute l’information nécessaire pour nos travaux. » — Renaud Lachance (*Commission d’enquête sur l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction)