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Louis-José Houde ne me dira pas quoi écouter

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Aux Gémeaux, Louis-José Houde a fait une sortie cinglante contre les radios privées qui veulent diminuer les quotas de musique francophone. Je comprends qu’en tant qu’animateur du Gala de l’ADISQ, il défende son client. Mais ses arguments ne sont pas très convaincants.

LA RADIO QUI M’ALLUME

Voici ce que Louis-José a dit : « Ce soir, c’est le gala de la télé et ce qui est bien, en télé, c’est que vous n’avez pas de diffuseurs qui souhaiteraient que tout ça se fasse en anglais.

Les télédiffuseurs ont l’air d’être à l’aise avec le français. Les radiodiffuseurs... pas vraiment. (...) Il y a des radios commerciales à Montréal qui font des efforts jour après jour pour faire baisser le quota de chansons francophones à la radio francophone et je pense que, comme diffuseur de culture dans une province francophone, vous avez une partie de la responsabilité de la sauvegarde de notre identité. »

Mais quelle comparaison bancale ! Une série, un téléjournal ou un quiz (dont on doit maîtriser la langue) ce n’est pas le même genre de produit culturel qu’une chanson (dont on se fout de comprendre les paroles ou pas) !

Un unilingue francophone n’écoutera pas Game of Thrones en anglais sur HBO, mais rien ne l’empêchera d’écouter Lady Gaga sans comprendre un traître mot.

Le gros succès de l’été c’était Despacito, une toune en espagnol !

Combien d’entre vous avaient compris que le gars disait : « Je veux lentement te déshabiller de mes baisers et faire de ton corps tout un manuscrit » ?

Mais même si la comparaison radio/télé de Houde tenait la route... Ce serait comme dire qu’on devrait avoir un quota sur la quantité de télé anglaise que les francophones peuvent regarder sous prétexte que trop d’écoute de l’anglais menace la survie de notre identité.

Or, regarder House of Cards en anglais sur Netflix ne fait pas de moi une moins bonne Québécoise attachée à sa culture. Ça veut juste dire que je vis en 2017, que je suis majeure et vaccinée et que je choisis d’écouter ce qui m’allume.

Dans le dernier numéro de L’Actualité, une journaliste a demandé à Xavier (Dolan) : « Tu ne sens pas que la culture québécoise est menacée ? »

Le réalisateur de Mommy a répondu : « Je le sens, des fois. Je comprends très bien pourquoi on se bat. Quand j’entends certains jeunes parler, les limites de leur vocabulaire, les anglicismes qu’ils utilisent constamment, ça montre l’envahissement de la culture américaine et de la langue anglaise, comme c’est le cas partout dans le monde.

La solution, ce n’est jamais le repli sur soi, ce n’est jamais l’unilinguisme, certainement pas. Parce que ça, c’est une forme d’inculture. Ça, c’est un manque d’intelligence.

Ce qu’il faut faire, c’est non pas se couper de la culture des autres, c’est renforcer la nôtre. Non pas mal apprendre le français et mal apprendre l’anglais et ne parler finalement ni l’un ni l’autre. Bien apprendre les deux ! Revoir le système d’éducation, qui est de la marde ! »

Pour le système d’éducation, je suis d’accord. Et pour l’inutilité de se couper de la culture des autres et la nécessité de renforcer la nôtre, j’approuve à 100 %. Pour une fois que je suis d’accord avec Dolan...