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L’appartement du futur pour les aînés

Une chercheuse adapte de nouvelles technologies pour permettre aux personnes âgées de vivre à la maison

L’appartement du futur pour les aînés
Photo Hugo Duchaine

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Une chercheuse de Montréal tente de créer l'appartement du futur qui permettra aux aînés de rester seuls plus longtemps à la maison.

Capteurs de mouvement, système de sécurité sur le four, éclairage automatique ou encore un pilulier intelligent qui vous rappelle de prendre vos médicaments, voilà ce que pourraient contenir les logements afin de garder les aînés en perte d’autonomie chez eux.

La chercheuse Nathalie Bier, de l’Institut universitaire en gériatrie de Montréal (IUGM), se donne quatre ans pour trouver les meilleures technologies et les adapter aux besoins de personnes âgées.

Elle précise aussi qu’elle n’invente rien de nouveau, mais utilise des technologies qui existent déjà et qui sont disponibles facilement, comme les systèmes d’alarme reliés aux téléphones intelligents.

« C’est seulement un premier clin d’œil, mais on voit un grand potentiel », se réjouit-elle à propos de son projet pilote qui étudie le quotidien de cinq aînés dans des logements truffés d’appareils technologiques.

Pas Big brother

« Mais ce n’est pas Big Brother », rassure d’emblée la chercheuse. Pas question de s’immiscer dans la vie intime des personnes avec des caméras ou de noter précisément chacune de leurs habitudes de vie.

N’empêche, de bien connaître l’horaire d’une personne permet de lui offrir de l’aide au meilleur moment. Inutile, dit-elle, d’envoyer une infirmière à 7 h pour aider quelqu’un à déjeuner quand les capteurs de mouvement montrent que la personne ne se lève jamais avant 9 h.

D’ailleurs, une aînée qui participe à son projet pilote a pu rester à la maison même si elle se remet d’une chute sévère grâce à une visite par jour pour lui donner ses médicaments, prévue au moment où elle dîne.

Cinq personnes participent actuellement à sa recherche, mais elle compte en recruter une vingtaine d’autres l’an prochain.

Coûts

La recherche des prochaines années de Mme Bier devra déterminer les coûts pour rendre toutes ces technologies disponibles et s’assurer qu’elles restent abordables.

« Les coûts d’entretien, d’installation, de suivi, et voir si l’on réussit à maintenir les gens plus longtemps à domicile, car on sait que ça coûte moins cher que l’institutionnalisation », explique-t-elle.

Selon les données du ministère de la Santé, plus de 340 000 Québécois ont reçu des soins à domicile en 2014-2015, un nombre qui ne fera qu’augmenter avec le vieillissement de la population. Un aîné à la maison coûte aussi moins cher à l’État que s’il est placé dans un CHSLD.

Mais au-delà du coût, rester à la maison doit être sécuritaire pour être possible, précise la directrice adjointe des services de soutien à domicile, Annie Foy, pour le CIUSSS du Centre-Sud-de-l’île-de-Montréal.

« Le souhait des gens est de demeurer à la maison, c’est rarement un projet de vie [d’aller en CHSLD] », souligne-t-elle, se réjouissant que la recherche de Mme Bier apporte un regard objectif sur le mode de vie des aînés.

Un appartement intelligent

 

Capteurs de mouvements

L’appartement du futur pour les aînés
Photo Hugo Duchaine

Installés dans chacune des pièces, les capteurs de mouvements permettent de connaître le quotidien d’un aîné, soit l’heure à laquelle il se lève ou s’il prend bel et bien ses repas. Ils peuvent aussi lancer l’alerte d’une possible chute si rien n’est capté après un certain temps.

Rappels sur la tablette

L’appartement du futur pour les aînés
Photo Hugo Duchaine

Une tablette installée sur la table de cuisine peut servir à envoyer des rappels constants à une personne âgée qui a des troubles cognitifs, par exemple, que ce soit le moment pour prendre ses médicaments ou lui rappeler ses rendez-vous médicaux.

Détecteur d’inondations

L’appartement du futur pour les aînés
Photo Hugo Duchaine

Si l’eau du robinet coule sans arrêt depuis longtemps, le détecteur pourra alerter le résident qui l’aurait oublié de venir le fermer. Il pourrait ainsi prévenir les inondations ou encore les signaler plus rapidement.

Système de sécurité

L’appartement du futur pour les aînés
Photo Hugo Duchaine

Installé ici sur la porte du réfrigérateur, le système de sécurité va envoyer un message à une tablette ou un téléphone intelligent si la porte reste ouverte trop longtemps. Le même système peut être installé sur le four afin d’être averti s’il demeure allumé et même le fermer à distance.