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Benhabib répond au maire Tremblay

L’auteure et militante féministe Djemila Benhabib a réagi vivement vendredi aux propos du maire de Saguenay, Jean Tremblay.
Photo d'archives, Simon Clark L’auteure et militante féministe Djemila Benhabib a réagi vivement vendredi aux propos du maire de Saguenay, Jean Tremblay.

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Dans le bilan de ses 20 ans de carrière qu’il a fait en entrevue au Journal vendredi, le maire Jean Tremblay est notamment revenu sur ses déclarations controversées à l’endroit de Djemila Benhabib en 2012, ce qui a vivement fait réagir la principale intéressée vendredi.

Dans une longue lettre qu’elle a fait parvenir au Journal, Mme Benhabib semble avoir de la difficulté à croire que le maire sortant de Saguenay persiste et signe en indiquant qu’il ne regrettait aucunement s’en être pris à ses origines étrangères et à son nom qu’il n’était « pas capable de prononcer ».

« En gros, cet intégriste catholique ne regrette rien de ses propos. Il soutient qu’il n’a fait qu’exprimer son opinion. Vraiment ? » se questionne Mme Benhabib.

DROIT À SON OPINION

Elle poursuit en expliquant que sa position dans le débat entourant le retrait des signes religieux dans les lieux publics était louable, mais qu’il s’est rapidement détourné du débat, selon elle.

« Ce qui est reproché à Jean Tremblay, ce n’est certainement pas le fait qu’il ait exprimé son opposition par rapport au retrait du crucifix de l’Assemblée nationale. Il a le droit à son opinion [...]. Là où il a carrément dérapé, c’est lorsqu’il s’en est pris à mes origines. Cette façon méprisante de rabaisser une personne [...] à ses origines est du racisme et de la xénophobie », écrit celle qui est auteure et également militante féministe.

LE PLQ ÉCORCHÉ

Dans sa lettre, elle souligne aussi le soutien dont elle a bénéficié, notamment de la part de la population du Saguenay, qu’elle remercie pour la vigile tenue devant la mairie en 2012 par des citoyens en désaccord avec les propos de Jean Tremblay.

Elle rappelle également qu’à travers la tempête médiatique soulevée par le premier magistrat de Saguenay, la plupart des partis politiques provinciaux ont mis de côté leur « partisanerie habituelle » pour dénoncer avec « véhémence » les propos du maire.

« Une seule ombre au tableau, le PLQ n’a jamais condamné les propos racistes et xénophobes de Jean Tremblay à mon endroit », poursuit celle qui tentait à l’époque de se faire élire dans le comté de Trois-Rivières.