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Une publicité des Grands Ballets censurée par la STM

Une publicité des Grands Ballets censurée par la STM
Photo Sasha Onyschenko

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MONTRÉAL |  Une publicité annonçant le nouveau spectacle des Grands Ballets canadiens de Montréal a été censurée par la Société de transport de Montréal (STM), qui juge qu’elle inciterait à la violence.

La STM a refusé d’afficher le visuel du spectacle Stabat Mater des Grands Ballets, qui sera présenté à partir du 11 octobre au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts. On y voit une danseuse ensanglantée avec un clou dans le pied.

Le visuel avait été dévoilé sur le site web des Grands Ballets en février dernier, mais une campagne d’affichage devait être lancée dans le métro pour la rentrée.

La STM fonde sa décision sur un article des Normes canadiennes de la publicité (NCP) sur les représentations inacceptables. «Il a été établi que l’affiche pouvait inciter à la violence. Il faut comprendre que la STM déplace un large public varié», a expliqué jeudi la porte-parole Amélie Régis.

Stabat Mater, pièce du compositeur Pergolèse, évoque des textes religieux racontant la souffrance de la Vierge Marie devant la crucifixion de son fils, Jésus de Nazareth.

Par cette affiche, le directeur artistique Ivan Cavallari souhaitait illustrer la charge émotionnelle de la pièce. «En écoutant la musique, on se retrouve dans un état particulier. On souffre, malgré la beauté du spectacle», a-t-il souligné.

Ce visuel de Stabat Mater n’aurait pas suscité de réactions controversées depuis son dévoilement l’hiver dernier. «On n’a jamais eu de commentaires négatifs par rapport à l’affiche», a soutenu Sheila Skaiem, responsable des relations publiques aux Grands Ballets.

Les Normes de la publicité confirment également qu’aucun signalement n’avait encore été fait pour cette publicité, jeudi.

Une œuvre d'art

«Pour moi, c’est une œuvre d’art, point. Je ne vois pas quel code elle enfreint», a déclaré Benoit Duguay, professeur et chercheur à la Chaire de relations publiques et communication marketing de l’Université du Québec à Montréal (UQAM).

Selon lui, tout dépend du contexte et du produit mis en vedette. «Il s’agit d’une publicité tirée d’un ballet. Si ça avait été présenté dans un autre contexte, peut-être que ça aurait été scandaleux, mais dans un contexte d’art, ce n’est pas violent», a affirmé le chercheur.

La décision de la STM ne mettra pas fin à la relation entre les deux organisations, qui sont partenaires depuis plus de huit ans. «La décision, on la respecte, mais on cherche à comprendre le pourquoi», a souligné Mme Skaeim, assurant que des visuels des Grands Ballets continueront d’être affichés dans le métro.

La publicité des Grands Ballets sera toutefois visible dans la métropole, notamment à la Place des Arts, et sur le réseau de colonnes numériques d’Astral Affichage, géré par Bell Média.

«Ce créatif a été refusé par la STM pour affichage dans le réseau du métro et nous avons convenu avec les Grands Ballets canadiens d’utiliser d’autres produits en affichage pour diffuser leur campagne», a communiqué Bell Média.