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Les itinérantes ont besoin de brassières

Les refuges reçoivent peu de dons de sous-vêtements

La directrice du refuge de jour pour itinérantes Chez Doris, Marina Boulos, explique avoir surtout du mal à trouver des soutiens-gorge grande taille pour ses habituées.
Photo Camille Garnier La directrice du refuge de jour pour itinérantes Chez Doris, Marina Boulos, explique avoir surtout du mal à trouver des soutiens-gorge grande taille pour ses habituées.

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Le besoin de soutiens-gorge est constant chez les itinérantes, et les organismes ont du mal à y répondre, explique la directrice d’un refuge montréalais pour femmes.

« Les gens ne pensent pas forcément à nous donner des soutiens-gorge, pourtant on nous en réclame très souvent », affirme Marina Boulos, la directrice du refuge de jour pour femmes itinérantes Chez Doris, au centre-ville.

L’établissement accueille chaque jour entre 70 et 100 femmes auxquelles il propose des vêtements et ne dispose actuellement que d’une centaine de brassières en stock.

Confort

« C’est vraiment insuffisant, déplore Marina Boulos. Le plus difficile, c’est de trouver des grandes tailles. C’est important, car il est plus facile de porter un chandail qui n’est pas exactement à sa taille qu’un soutien-gorge. »

Hélène, une habituée de l’établissement qui ne souhaite pas voir publier son nom de famille pour protéger sa vie privée, confirme.

« Si c’est trop petit, tu vas être toute comprimée, s’amuse-t-elle en mimant une poitrine qui déborde. Des fois, nous recevons les invendus de certains magasins. On peut aussi en prendre des usés, ce n’est pas un souci, sauf dans certains cas où les gens donnent des pièces qui sont vraiment abîmées. »

Collecte

Pour répondre à ce besoin, trois femmes montréalaises, Simone King, Evelyn Benchimol et Alexandra Malka, organisent une collecte de soutiens-gorge, dont une partie ira au refuge Chez Doris.

« Simone et Evelyn se sont rencontrées à une vente de grenier et ont lancé l’idée. Moi, j’ai décidé de leur offrir mon magasin comme point de collecte », raconte Alexandra Malka, propriétaire de la boutique d’accessoires pour bébés Bébé Kelly Green, à Dollard-Des Ormeaux.

L’initiative, lancée en début de semaine, est déjà un succès.

« J’ai installé un panier avec une affiche à l’entrée du magasin mardi et j’ai déjà récolté environ 300 soutiens-gorge », se réjouit Mme Malka. La commerçante, qui donne régulièrement des vêtements, explique qu’elle-même n’était pas consciente jusqu’ici de cette problématique.