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Un spectacle inclassable

Un spectacle inclassable
Photo Richard Haughton

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Avant sa dernière représentation, qui aura lieu au Mexique à la fin octobre, la plus récente création de l’artiste français James Thierrée s’arrêtera à la TOHU, le temps de huit rendez-vous avec le public montréalais, à compter de la semaine prochaine.

Petit-fils du légendaire Charlie Chaplin, celui à qui l’on doit le spectacle Raoul, qu’il a présenté à deux occasions au Québec – en 2010 et 2012 –, est de retour avec La grenouille avait raison, une création qui se veut « inclassable ».

« J’avais envie de produire un petit groupe hétéroclite d’artistes et de retrouver certaines sensations de mon premier spectacle, La symphonie du hanneton, a expliqué l’artiste, en entrevue. Je voulais former un groupe serré et partir sur un thème. Chaque spectacle, pour moi, est un voyage. C’est une nouvelle destination. »

James Thierrée présentera à la TOHU son spectacle La grenouille avait raison sera présenté du 28 septembre au 7 octobre à la TOHU. Plus de détails à l’adresse tohu.ca.
Photo courtoisie, Richard Haughton
James Thierrée présentera à la TOHU son spectacle La grenouille avait raison sera présenté du 28 septembre au 7 octobre à la TOHU. Plus de détails à l’adresse tohu.ca.

Rien à voir avec le cirque

Au sein de ce groupe hétéroclite, on compte entre autres une danseuse hip-hop, une chanteuse, un comédien burlesque et James Thierrée lui-même, un artiste touche-à-tout.

« Je viens à la TOHU, et c’est vrai que mes origines sont liées au nouveau cirque, mais aujourd’hui, je regarde La grenouille avait raison, et je me dis que ça n’a plus rien à voir avec le cirque », a-t-il souligné.

« Le spectacle, c’est plus une proposition théâtrale, une divagation qui est très portée sur le corporel, a-t-il poursuivi. J’aime être dans une zone assez étrange et méconnaissable. Ça me plaît, même lorsque j’ai des discussions avec les spectateurs. Le fait de ne pas savoir où on est exactement, par rapport à l’appartenance du spectacle, peut amener des émotions intéressantes. »

Comme un rêve

Même pour James Thierrée, qui signe également la mise en scène et la musique du spectacle, La grenouille avait raison comporte son lot de mystère.

« On a des personnages qui sont en face d’un objet, qui est très présent dans la scénographie, qui est au-dessus de leurs têtes, et qu’ils ne comprennent pas, a-t-il expliqué. Ils ne savent pas comment interagir avec cet objet, étrange et mystérieux. Toute l’atmosphère du spectacle tourne autour de ça. Les personnages mènent leur vie, mais au-dessus de leur tête, il y a cet objet qui vient, qui se manifeste, qui interagit et qui refuse de se laisser déchiffrer. »

Celui qui compare son spectacle à un rêve dans lequel on peut vivre des « choses insensées », mais qui ont en fait « un sens caché », se détache également de la description qu’il en a faite lors de sa création.

« Dans les programmes, on pourra lire qu’il s’agit de frères et de sœurs et que j’ai voulu parler de la fratrie. Ça, c’était ce que je disais dans les dossiers quand je préparais le spectacle, car il fallait partir de quelque part. Depuis, j’ai redirigé mes partenaires. On s’est libéré de tout ça. »

Le conte

Celui qui espère tout simplement être en mesure de toucher les gens avec sa proposition artistique ne renie toutefois pas le titre de son spectacle, qui fait référence au conte des frères Grimm, Le roi grenouille.

« Ce qui est intéressant, pour les gens qui sont attirés par les choses mystérieuses, c’est de s’asseoir dans la salle et de prendre le chemin avec nous (...) Le titre, c’est une proposition. La grenouille, ça fait référence au conte, évidemment, à ces histoires simples et parfois terrifiantes que l’on raconte aux enfants, mais qui sont toujours des voyages initiatiques. Je suis heureux de pouvoir mettre cette couleur-là dans la tête des spectateurs. Ensuite, je préfère laisser le spectacle faire son œuvre. »


Plus de détails à l’adresse tohu.ca.