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Le coroner blâme le travail des policiers

Thierry Leroux
Photo Facebook Thierry Leroux

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Le père de Thierry LeRoux, ce policier tué par balles à Lac-Simon par un homme suicidaire, est choqué et découragé du rapport du coroner qui pointe du doigt le travail de son fils sans émettre de recommandations.

Le 13 février 2016, Thierry LeRoux et son partenaire ont reçu un appel au sujet de coups de feu qui auraient été entendus dans une résidence sur la rue Papatie dans la réserve de Lac-Simon près de Val-d’Or en Abitibi.

Huit minutes d’intervention auront suffi pour que Joseph Anthony Papatie, 22 ans, enlève la vie au policier de 26 ans et se suicide ensuite avec sa carabine de chasse.

« Thierry est mort par sa faute. C’est exactement ce que le coroner dit. Il n’y a aucune recommandation pour faire changer les choses », a lancé en colère le père du policier, Michel LeRoux.

L’agent LeRoux qui travaillait en Abitibi depuis six mois connaissait très bien l’homme en détresse. Papatie était notamment connu des policiers pour ses troubles suicidaires et pour des dossiers de violence. Ses armes avaient d’ailleurs été saisies pendant une hospitalisation.

L’ironie du sort a voulu que le 3 septembre 2015, soit cinq mois avant son décès, Thierry Leroux redonne lui-même les armes à son meurtrier.

« Improvisé » et « rapide »

« Cet homme a des antécédents depuis 2009. Il y a des bouts que je ne comprends pas. C’est comme si on avait redonné les clés de voiture à quelqu’un de chaud. La CNESST (Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail) n’a jamais parlé des armes dans son rapport ni le DPCP ( Directeur des poursuites criminelles et pénales), et là c’est une claque en pleine face (avec le rapport du coroner) », a dit M. LeRoux.

« Action rapide, sans planification... Les policiers n’ont pas établi de rôle pour chacun ni plan de match. Il semble qu’il y ait eu une certaine part d’improvisation durant l’intervention. Selon le rapport d’expertise, l’action du policier n’est pas conforme aux enseignements de l’École nationale de police du Québec. », peut-on lire dans le rapport du coroner Jean-François Lécuyer.

M. LeRoux affirme que son fils est mort pour rien. « Maintenant, j’espère que les policiers vont se tenir debout et que la population va réagir. On veut quoi comme policiers au Québec ? Si on tire sur le danger on se fait mettre en prison et on se fait accuser d’homicide involontaire et si on attend pour tirer, on se fait dire qu’on a oublié une virgule dans le manuel de police », a conclu Michel LeRoux.