/entertainment/opinion/columnists
Navigation

Passe-partout 2019, calmez-vous, les poussinots !

Coup d'oeil sur cet article

Ma première réaction, quand j’ai appris que Télé-Québec préparait pour 2019 une nouvelle mouture de Passe-Partout ? Très mauvaise idée ! Comme si on n’était pas capable de créer et qu’il fallait simplement « recréer ».

Mais après tout, quand on y pense, pourquoi pas ? Passe-partout nouvelle génération, ce n’est pas plus fou que Les belles histoires des pays d’en haut nouvelle version.

J’AI DEUX YEUX, TANT MIEUX

À mon émission de radio, à BLVD 102,1, j’ai interviewé le directeur de la programmation de Télé-Québec, Denis Dubois.

De prime abord, je ne comprenais pas du tout quelle était la pertinence de ressortir Passe-Carreau, Cannelle et Pruneau des boules à mites.

Mais quand Denis Dubois a fait une comparaison entre Passe-Partout et Alice au pays des merveilles, j’ai compris où il voulait en venir.

Quand une œuvre devient un « classique », c’est tout à fait normal que les générations suivantes se l’approprient et veuillent en offrir leur version. Il faut le voir comme un hommage et pas comme une nostalgie déplacée de vieux ringards qui se bercent en se disant « c’était mieux dans mon temps ».

Que ce soit Le petit prince (fait récemment en « animation en volume » [stop motion]), Tintin (réinterprété par Spielberg) ou Blade Runner (réimaginé par Denis Villeneuve), toutes les œuvres qui ont touché des générations peuvent se voir un jour ou l’autre faire l’objet d’un « rema­ke ».

La preuve que Passe-Partout est un incontournable de la culture québécoise ? Vous avez vu la jeune Mia, neuf ans, candidate de La Voix Junior, qui a chanté la comptine

Le casse-tête de sa voix de mini-Charlotte Cardin ? Craquant, non ? On a même appris que pendant toute sa jeunesse Marc Dupré, qui était un fan de Passe-Partout, voulait changer son nom pour Fardoche !

Condamner Passe-Partout 2019 avant même d’en avoir vu une seule image, c’est aussi lapidaire que les gens qui se plaignaient d’un « remake » des Belles histoires des pays d’en haut avant de l’avoir vu. (D’ailleurs s’il y a une œuvre qui a connu plusieurs vies, livre, radio, télé... c’est bien celle-là !)

Quand la série Les pays d’en haut a été diffusée, les scepti­ques ont été confondus.

Vincent Leclerc est carrément génial en Séraphin, les textes de Gilles Desjardins sont exceptionnels, les images sont à couper le souffle. À propos, pouvez-vous m’expliquer par quel scandaleux tour de passe-passe cette série n’a rien récolté d’autre, aux derniers Gémeaux, que Meilleur son et Meilleur décor, alors qu’elle était la favorite, avec 16 nominations ?

BROSSE, BROSSE, BROSSE

Il semble que les comédiens d’origine de Passe-Partout sont réticents à ce qu’il y ait une deuxième mouture. Ils ont droit à leur opinion, mais ils ne sont pas l’Autorité suprême.

Vous souvenez-vous, en 2006, à Tout le monde en parle, quand Marie Eykel avait piqué une sainte colère parce que Pierre F. Brault avait vendu les droits de la chanson

L’été c’est fait pour jouer pour une publicité ?

Elle avait même laissé entendre qu’il était un peu « pute ». Comme si vendre ses droits pour une chanson était une chose honteuse !

À un moment donné, les artisans de Passe-Partout vont devoir reconnaître que l’émission qui leur a apporté la gloire continue à vivre sans eux.