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Metro veut mettre la main sur Jean Coutu pour 4,5 milliards $

Les deux sociétés ont confirmé que des discussions sont en cours

Metro, qui détient déjà 258 pharmacies Brunet, deviendrait le plus important propriétaire de pharmacies au Québec en achetant Jean Coutu.
Photo d'archives Metro, qui détient déjà 258 pharmacies Brunet, deviendrait le plus important propriétaire de pharmacies au Québec en achetant Jean Coutu.

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L’épicier québécois Metro veut mettre la main sur les pharmacies Jean Coutu. Le montant de la transaction atteindra les 4,5 milliards $.

Le Groupe Jean Coutu et Metro ont confirmé mercredi que des discussions exclusives avaient été entamées visant un regroupement des deux entreprises du Québec inc.

Metro offre 24,50 $ par action de Jean Coutu pour 75 % de la contrepartie, ainsi que 25 % de ses propres actions.

Tôt mercredi matin, les négociations sur les titres des deux sociétés ont été suspendues à la Bourse de Toronto en raison de fortes rumeurs de transaction.

La famille Coutu, qui contrôle le Groupe Jean Coutu, a indiqué son intention de soutenir la vente de l’entreprise auprès des actionnaires.

« La transaction reste assujettie à la négociation d’ententes définitives », ont fait savoir les directions de Metro et de Jean Coutu dans un communiqué de presse conjoint.

Jean Coutu compte 20 000 employés et un réseau de 419 pharmacies au Québec et au Nouveau-Brunswick.

Metro, qui détient déjà 258 pharmacies Brunet, deviendra ainsi le plus important propriétaire de pharmacies au Québec.

Mariage inévitable

Selon l’analyste et directeur de l’Institut de la gouvernance, Michel Nadeau, ce mariage entre Metro et Jean Coutu était devenu inévitable.

« C’est une intégration naturelle en raison du mouvement de consolidation observée dans le secteur de la pharmacie. Et la bonne nouvelle est que le siège social va demeurer au Québec », a-t-il indiqué.

Les chaînes canadiennes de supermarchés font face à une concurrence croissante des géants américains comme Walmart, Costco et bientôt Amazon (qui vient d’acheter les épiceries Whole Foods).

Amazon promet également d’étendre dans plusieurs villes au pays son service de livraison en 24 heures Prime.

Uniprix et Pharmaprix

Cette acquisition de Metro arrive alors que la chaîne américaine McKesson a mis la main sur les 330 pharmacies québécoises du Groupe Uniprix en avril dernier.

Le géant Loblaws avait aussi acheté le réseau de pharmacies Pharmaprix et Shoppers Drug Mart en 2013.

Mercredi, à la Bourse de Toronto, le titre de Jean Coutu a clôturé la séance à 24,54 $, alors qu’il avait terminé à 23,09 $ la veille.

Le titre de Metro s’est quant à lui apprécié de 3,52 $, à 43,61 $ (+8,8 %).

 

La nouvelle entreprise Metro/jean coutu

  • 16 milliards $ de revenus annuels
  • 677: Nombre de pharmacies
  • 942: Nombre de supermarchés et marchands associés 

 

Selon des analystes: des compressions de 100 millions $ à prévoir

 

En acquérant les pharmacies Jean Coutu, Metro paie un gros prix et les analystes s’attendent à voir d’importantes compressions survenir au sein de l’entreprise.

L’analyste Tal Woolley de Dundee Capital est d’avis que Metro devra mettre les bouchées doubles en réalisant au moins 100 millions $ de synergies annuelles au sein de l’entreprise.

Distribution

L’analyste soutient que des synergies sont notamment envisageables dans la distribution et auprès des fournisseurs de médicaments génériques et des produits de marque maison.

L’analyste Irene Nattel de RBC Marchés des capitaux s’attend également à voir de la rigueur et de la discipline, alors que le prix payé lui semble élevé pour Jean Coutu.

Mme Nattel croit que l’équipe de direction de Metro a perçu d’importantes synergies à réaliser. Elle fixe un prix cible de 48 $ sur le titre de Metro d’ici un an.

Vulnérable

Par ailleurs, Metro devient de plus en plus vulnérable à une prise de contrôle étrangère, a relevé l’analyste Michel Nadeau.

Ce dernier croit que le siège social de l’entreprise devra être surveillé de près alors que des géants américains et européens de l’alimentation pourraient être tentés d’acquérir l’entreprise lors d’une prise de contrôle hostile.

Metro n’a pas d’actionnaire de contrôle, contrairement à Jean Coutu.