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Vague de chaleur: des écoles transformées en «sauna»

Vague de chaleur: des écoles transformées en «sauna»
Photo Élisa Cloutier

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La canicule automnale que l’on connaît transforme certaines écoles de Québec en véritable «sauna», faisant grimper le mercure jusqu’à 30 °C dans certaines classes.

Toiles baissées, ventilateurs à plein régime, lumières fermées, récréations plus longues, diminution du nombre de projections en classe, cours d’éducation physique «moins intenses», les enseignants rencontrés par Le Journal dans quelques écoles de Québec mardi faisaient des pieds et des mains pour adapter leurs locaux à la chaleur accablante.

«Bienvenue dans mon sauna» lance d’emblée Ruth Gendron, enseignante à l’école Notre-Dame-du-Canada dans le secteur de Vanier, en accueillant la représentante du Journal dans sa classe située au deuxième étage, où le thermomètre affichait 29,8 °C.

Ralentir le rythme

Mme Gendron a d’ailleurs été contrainte de donner un de ses cours dans le corridor du rez-de-chaussée en après-midi, pour donner un peu de répit aux élèves. D’autres se rendaient carrément dans un coin ombragé à l’extérieur, pour enseigner. Des conditions «extrêmes», qui rendent le travail des enseignants plus difficile, admet-elle. «C’est sur qu’on a parfois moins de patience, mais on doit ralentir notre rythme, on n’a pas le choix», indique-t-elle devant ses 18 élèves de 6e année.

La situation n’était guère mieux dans les classes voisines, où les élèves et enseignants devaient travailler avec des températures de 29 °C et 29,5 °C. Avant les périodes, les enseignants dirigeaient les enfants vers les abreuvoirs, pour que ceux-ci remplissent leurs gourdes d’eau.

«On y va plus molo, mais nous n’avons pas le choix d’avancer la matière quand même. Disons que la géométrie, c’était à propos aujourd’hui», mentionne de son côté l’enseignante de quatrième année Stéphanie Potvin.

Malaises

Certains élèves se plaignaient même de maux de tête et de maux de cœur à l’école de la Grande-Hermine dans le quartier Limoilou, selon une enseignante de troisième année, qui a voulu rester anonyme. Le Journal a d’ailleurs enregistré des températures variant entre 28 °C et 30 °C, selon les étages.

À l’école de la Ribambelle à Beauport, la température ressentie atteignait 33 °C dans une des classes. «On sent les enfants collants et un peu amorphes, mais on vit souvent la même chose en fin d’année», indique l’enseignante, qui a préféré garder l’anonymat.

Quelques élèves se sont par ailleurs absentés mardi, en raison de la chaleur.

Pas de climatisation

Malgré tout, les commissions scolaires de la région n’y voient pas de situation «exceptionnelle» et n’envisagent pas de doter les écoles de climatiseurs. «Nous analysons nos besoins en fonction des sommes qui nous sont allouées et ce n’est pas une priorité. La climatisation demande beaucoup d’énergie et on essaie d’avoir des édifices à très basse consommation d’énergie», indique Marie-Hélène Dion, porte-parole de la Commission scolaire de la Capitale.

Ayant très peu ou aucun établissement climatisées, la plupart des commissions scolaires ont toutefois fait parvenir quelques mesures aux écoles, leur rappelant les principales mises en garde, en cas de canicule.

Le ministre de l’Éducation Sébastien Proulx estime quant à lui que la situation se «passe bien» et s’en remet au bon jugement des enseignants.

«Je me souviens moi-même d’avoir eu le bras qui collait sur le pupitre, ça nous est tous déjà arrivé, c’est une réalité avec laquelle on doit travailler [...] Je ne peux pas répondre avec un climatiseur pour tout le monde, vous aurez compris que ce n’est pas comme ça que les choses fonctionnent», a-t-il mentionné, en marge de l’inauguration d’une nouvelle école pour enfants handicapés, dans le secteur de Cap-Rouge, mardi.