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8 choses à savoir sur notre ego

Successful businessman is sitting on sofa at mountain peak
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L’autre jour, je me suis observée en conversation avec une amie, mon ego gros comme le bras sur le devant de la scène : « Ah oui, c’est moi qui ai trouvé ce jeu », ai-je dit fièrement. « Eh que t’es don’ bonne », a chuchoté ma petite voix intérieure. Ça m’a un peu inquiétée, mais je ne m’en suis pas trop voulue, car je sais bien qu’en matière d’ego, on se ressemble souvent : on aime être bon, brave, intelligent, beau, imaginatif, et, surtout, on aime que les autres le remarquent. La question suivante était : c’est quoi au juste l’ego ?

1 L’ego psychologique. L’ego est la conscience que l’on a de soi, c’est en quelque sorte ce qu’on perçoit de sa personnalité. En psychanalyse, l’ego (qu’on appelle aussi le « moi », le « je ») serait chargé d’équilibrer nos impulsions, notre code moral et la réalité du monde. C’est l’arbitre.

2 L’ego spirituel. Selon les philosophies orientales, l’ego est plutôt une entrave à l’éveil spirituel. C’est lui qui même s’il prend « l’apparence de noyau de notre être nous empêche d’atteindre l’essence des choses ». Par exemple, pour les bouddhistes, l’ego est une illusion, une perception qu’il faut dépasser pour mieux voir la réalité. Pour y arriver, il ne s’agit pas de faire la guerre à l’ego, mais de transformer notre volonté de régner sur les autres en nous réconciliant en profondeur avec nous-même.

3 Le développement personnel. Aujourd’hui, plusieurs auteurs s’inspirent des sagesses orientales pour influencer nos idées sur l’ego. C’est ainsi qu’on en est à peu près tous venus à croire que l’ego est essentiellement une part nuisible de la personnalité. On aurait un Soi supérieur (altruiste, capable de hauteur, orienté sur l’être, dégagé de mesquinerie) et un petit moi, l’ego, qui a pour rôle de posséder et de se manifester dans le monde matériel.

4 La psychologie populaire. L’ennui est qu’on reçoit le message que l’ego est vilain, mais qu’une forte personnalité (donc un fort ego) est nécessaire pour faire son chemin dans la vie. Ensuite, c’est à vous de vous débrouiller pour faire cohabiter ces messages contradictoires.

5 Les problèmes avec l’ego. En somme, l’ego est-il un bon médiateur ou non ? Je me dis que ça doit dépendre des situations. Il aime briller dans le monde matériel, gagner, obtenir des responsabilités, surtout pour se pavaner. En fin de compte, notre cher ego cherche à se montrer le meilleur en obtenant du pouvoir et du contrôle sur les autres et sur les situations.

6 Se méfier de mon, ma, mes... Dans un texte intéressant, duquel je m’inspire pour cette chronique, Carolle Anne Dessureault (les7duquebec.com) parle des abus de langage de notre ego : ma maison, ma réussite, mon chien, mon chat, ma femme, mon mari, mon entrepreneur, ma secrétaire, mon auto... Elle soulève cette tendance possessive.

7 L’ego est un enragé. L’ego, écrit-elle, n’aime pas, il veut, il enrage de vouloir faire plus et être plus. Il perçoit ses manques intérieurs, il perçoit aussi les manques des autres, et il en profite pour critiquer. Dès qu’on est arrogant, qu’on abaisse les autres, qu’on se sent supérieur, qu’on veut prouver sa valeur, qu’on cherche l’approbation, c’est notre ego qui s’exprime.

8 Pour voir clair. L’exemple suivant provient du Dalaï-Lama : je vois quelqu’un tomber, j’accours pour l’aider, une personne ayant observé la scène arrive avant moi et l’aide. Suis-je heureuse de cette assistance donnée par l’autre ? Suis-je déçue de ne pas l’avoir aidé moi-même ? Si la réponse à la deuxième question est positive, c’est mon ego qui est en scène. J’aurai simplement à continuer à travailler intérieurement, tout en ne me jugeant pas trop durement.

Mon ego est peut-être une illusion, mais il semble avoir besoin d’une certaine reconnaissance, il faudra juste veiller à ce qu’il ne me tienne pas trop par la barbichette.