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Les maîtres de la culture du pot

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La pègre asiatique a supplanté les Hells Angels et pris le monopole de la culture intérieure de marijuana dans la grande région de Montréal, où ses plantations illégales devraient continuer de proliférer malgré la légalisation du pot.

C’est ce qu’a révélé le commandant Minh Tri Truong, du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), en entrevue au Journal.

« On constate qu’ils ont présentement le monopole de la culture intérieure de pot à Montréal, Laval et Longueuil, entre autres. Ils contrôlent le marché des serres de 300 à 1500 plants qui poussent dans des centaines de bungalows ou duplex qu’ils ont achetés et transformés en lieux de culture », a déclaré ce spécialiste du crime organisé.

Un rapport du SPVM chiffre d’ailleurs à « au moins » 500 le nombre de plantations « à grande échelle » de cannabis exploitées « annuellement » par la pègre asiatique, seulement sur l’île de Montréal.

Le Service de police de la Ville de Montréal a saisi 977 plants de cannabis qui poussaient dans le sous-sol d’une maison située au 8650, rue Rosario-Bayeur, dans le quartier Rivière-des-Prairies, et appartenant à un couple d’origine asiatique, le 17 mai dernier.
Photo courtoisie
Le Service de police de la Ville de Montréal a saisi 977 plants de cannabis qui poussaient dans le sous-sol d’une maison située au 8650, rue Rosario-Bayeur, dans le quartier Rivière-des-Prairies, et appartenant à un couple d’origine asiatique, le 17 mai dernier.

L’officier a précisé que les mariculteurs asiatiques, qui sont principalement d’origine vietnamienne, ont aussi la mainmise de ce marché à l’échelle nationale.

Expert sur cette faction plutôt méconnue du milieu interlope, le commandant Truong compte parmi les rares policiers québécois à avoir piégé des organisations criminelles de souche asiatique à travers le pays en travaillant comme agent d’infiltration pour le SPVM, la Sûreté du Québec et la Gendarmerie royale du Canada.

Disciplinés et compétents

Selon lui, ils ne se sont pas hissés au sommet de la culture intérieure du pot juste parce qu’ils ont « le pouce vert ».

« Leur grande force, c’est qu’ils sont disciplinés, a-t-il observé. Ce qu’ils font prend beaucoup de patience. C’est compliqué. Et ils sont bons là-dedans. »

Ils ont notamment mis au point des techniques de culture plus avancées que celles de leurs concurrents, a expliqué le commandant Truong.

Minh Tri Truong, <i>commandant</i>
Photo courtoisie
Minh Tri Truong, commandant

« Maintenant, leurs plants peuvent être coupés après 39 jours de culture [au lieu de 60 ou 90]. Avec le roulement, c’est très lucratif. Alors ils laissent à d’autres les plantations de marijuana qu’on trouve dans les champs de la province, qui ne donnent qu’une seule récolte et qui demandent moins d’entretien. »

Plusieurs de ces immigrants ont déjà travaillé à la culture du riz ou dans des manufactures, a mentionné l’officier.

« Pour eux, c’est une opportunité plus payante que d’être sur une machine à coudre de huit à cinq et au salaire minimum. »

En 1997, le Service canadien du renseignement criminel écrivait dans son rapport annuel que les Hells Angels avaient le monopole de la culture du pot au pays.

Toutefois, le crime organisé asiatique a commencé à s’imposer sur ce marché « il y a une quinzaine d’années » en Colombie-Britannique, dit le commandant Truong.

« Leur production était surtout exportée sur la Côte-Ouest américaine, et c’était très payant. Ils se sont ensuite déplacés vers Toronto, puis ici. »

Là pour rester

Fait rare, les Hells Angels ont fini par céder ce marché des stupéfiants sans effusion de sang pour se concentrer sur ceux de la cocaïne et des drogues de synthèse.

Les motards, ainsi que la mafia italienne, continuent cependant de tirer profit de ce commerce en s’associant à la pègre asiatique pour exporter du pot « made in Canada » vers les États-Unis. Ils réinvestissent ensuite leur « argent vert » dans l’importation de cocaïne, d’après plusieurs enquêtes policières.

Il semble utopique de croire que les maisons de pot de la pègre asiatique disparaîtront si le gouvernement Trudeau légalise le cannabis au Canada dès l’été prochain.

« Une grosse partie de leur production au Québec et en Ontario alimente le marché de la côte est des États-Unis, de New York jusqu’en Floride. Ça représente plusieurs millions de dollars. Malgré ce qui s’en vient, ils risquent de continuer à produire et à fournir le marché américain », a fait remarquer le commandant Truong en faisant référence au projet de loi des libéraux.

 

500 plantations à Montréal

Il y a « au moins » 500 plantations intérieures de cannabis à grande échelle contrôlées par les groupes criminels de souche asiatique sur l’île de Montréal, selon une estimation du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). Parmi celles que des enquêtes du SPVM ont permis de débusquer durant les six premiers mois de cette année, les 11 propriétés identifiées sur cette carte pourraient bientôt être confisquées par le gouvernement provincial à titre de biens infractionnels. La valeur de ces maisons et immeubles totalise 5,7 M$.

 

Quatre plants sur cinq

Triplé en 5 ans

En seulement cinq ans, le nombre de plants de pot saisis par la police provenant de cultures liées à la pègre asiatique a plus que triplé à Montréal. En 2011, 97 235 des 125 239 plants saisis par le SPVM étaient cultivés par ces organisations criminelles, soit près de 80 %.

Le pouce vert

La taille moyenne des cultures de pot asiatique découvertes par le SPVM a doublé, de 2006 à 2011, passant de 354 à 729 plants par installation. À titre comparatif, le SPVM ne recensait alors que 169 plants en moyenne dans les serres intérieures de pot démantelées qui n’étaient pas liées à la pègre asiatique.

93 %

Dès 2002, le criminologue Martin Bouchard estimait dans une étude que 93 % des 302 tonnes métriques de marijuana produites au Québec provenait de cultures intérieures.

Source: Lecture de l’environnement du SPVM 2013

 

Le pot, une affaire de famille

Les suspects qui sont tissés serrés s’échangent même des résidences dans lesquelles il y a des serres.

Trong Nam Nguyen, Trong Nhan Nguyen et Trong Hieu Nguyen<br />
<i>Accusés</i>
Photos courtoisie
Trong Nam Nguyen, Trong Nhan Nguyen et Trong Hieu Nguyen
Accusés

Trois projets d’enquête menés en 2017 par le SPVM aux dépens de la pègre asiatique ont permis de dévoiler quelques ingrédients de la recette du succès de ces cultivateurs de pot. En voici quelques-uns puisés par Le Journal dans une multitude de documents judiciaires.

1. Maisons de pot un jour...

Les mariculteurs de la pègre asiatique se spécialisent dans le recyclage d’immeubles où les policiers ont déjà découvert des serres de pot dans le passé.

Les policiers en étaient ainsi à leur deuxième perquisition dans trois des quatre « maisons de pot » ciblées dans le projet d’enquête Tuteur, l’hiver dernier.

Ces propriétés avaient été rachetées, restaurées et réaménagées par des ouvriers d’origine asiatique « précisément » embauchés par de nouveaux acheteurs pour y accueillir de nouvelles plantations.

Un gros sac rempli de marijuana était caché dans la sécheuse d’un appartement de la rue Marquette utilisé comme séchoir à pot par des mariculteurs asiatiques, le 21 juin.
Photo courtoisie
Un gros sac rempli de marijuana était caché dans la sécheuse d’un appartement de la rue Marquette utilisé comme séchoir à pot par des mariculteurs asiatiques, le 21 juin.

Les propriétaires actuels de deux de ces maisons les ont acquises au rabais, à des prix bien en deçà de l’évaluation, possiblement en raison de dommages – principalement des moisissures – causés par l’humidité que ces plantations dégagent.

Par exemple, en janvier 2008, les policiers ont démantelé une serre de 470 plants de pot au 246, boulevard Léger, à Laval. Évaluée à 331 600 $ au registre foncier de la Ville, la résidence a été rachetée pour seulement 265 000 $ en 2015 par Trong Hieu Nguyen, qui a bénéficié d’un prêt hypothécaire de 254 000 $ de son institution financière.

Le 15 février dernier, les policiers y sont retournés et ont saisi 498 plants. Malgré la présence d’un sac de couchage sur un divan, la maison n’était pas habitée et ne servait qu’à la production de cannabis.

M. Nguyen a tout bonnement déclaré au SPVM qu’il l’avait acquise « pour un investissement »...

Certains mariculteurs épinglés et emprisonnés ont néanmoins réussi à récupérer leur mise en vendant leur maison à d’autres cultivateurs du Québec Gold.

Une partie des 977 plants de pot trouvés au sous-sol d’une maison du quartier Rivière-des-Prairies, à Montréal, le 17 mai.
Photo courtoisie
Une partie des 977 plants de pot trouvés au sous-sol d’une maison du quartier Rivière-des-Prairies, à Montréal, le 17 mai.

En 2008, Siu Ly Phang a acheté une maison située sur la rue Rosario-Bayeur, dans le quartier Rivière-des-Prairies, à Montréal, au coût de 320 000 $.

Un an plus tard, la propriétaire des lieux s’est retrouvée avec les menottes aux poignets parmi les quelque 150 personnes arrêtées dans l’opération policière Borax, la plus importante jamais menée aux dépens de la pègre asiatique au Québec.

Les policiers y ont trouvé une serre de près de 200 plants de pot et Mme Phang a ensuite écopé de neuf mois de prison.

En 2014, elle a revendu sa maison à Mme Thi Ngoc Huong Nguyen pour 385 000 $, soit 65 000 $ de plus qu’elle l’avait payée six ans plus tôt.

Le 17 mai dernier, la nouvelle proprio et son conjoint ont à leur tour reçu la visite des policiers qui, cette fois, y ont saisi une serre encore plus imposante de 977 plants de marijuana.

2. Le clan Nguyen

La culture du cannabis est souvent une affaire familiale au sein du crime organisé asiatique. Lors de l’opération Tuteur, pas moins de 12 personnes dont le nom de famille est Nguyen ont fait l’objet de cette enquête qui a finalement conduit à la mise en accusation de quatre suspects.

La tête dirigeante du réseau, Trong Nam Nguyen, 60 ans, exploitait présumément des plantations de pot dans quatre immeubles de Montréal et Laval.

Plus de 126 000 $ en argent liquide et 50 kg de cannabis ont été saisis chez les mariculteurs et trafiquants arrêtés dans le cadre du projet Once, en juin.
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Plus de 126 000 $ en argent liquide et 50 kg de cannabis ont été saisis chez les mariculteurs et trafiquants arrêtés dans le cadre du projet Once, en juin.

Il en louait un à son frère, Trong Nhan Nguyen, 47 ans, dans le secteur Côte-des-Neiges, où celui-ci se serait occupé d’une culture de plus de 500 plants. Un de leurs neveux, Trong Hieu Nguyen, 32 ans, veillait sur une autre culture de 500 plants dans une maison à Laval, d’après la preuve de la Couronne.

Dans son projet antidrogue baptisé Once, le SPVM a aussi appréhendé deux couples en démantelant un réseau d’envergure, le 21 juin dernier.

Les trafiquants asiatiques ne se limitent pas à la marijuana, comme l’illustre cette portion des 6900 comprimés de métamphétamine saisis à Laval lors d’une enquête sur des serres clandestines.
Photo courtoisie
Les trafiquants asiatiques ne se limitent pas à la marijuana, comme l’illustre cette portion des 6900 comprimés de métamphétamine saisis à Laval lors d’une enquête sur des serres clandestines.

« Il y avait une forte odeur de marijuana [et] un enfant qui dormait dans le logement », ont noté les policiers sur les lieux d’une des perquisitions.

Le présumé leader du réseau, Mai Tri Le, et sa conjointe, Vina Hien Nguyen, laissaient dans la chambre de leurs enfants une machine à compter l’argent que leur rapportaient présumément les ventes illicites de l’organisation.

3. Une PME dans le sous-sol

Un sous-sol de 300 plants de pot donnant six récoltes par année peut générer près d’un demi-million de dollars de recettes.

« Ça peut être très, très payant », a mentionné le commandant Minh Tri Truong, du SPVM, en précisant que chaque livre de cocottes de cannabis – soit la production d’environ six plants – rapporte environ 1500 $ au mariculteur.

Mais les plus ambitieux ne se contentent pas d’un sous-sol de maison.

Le 15 février dernier, le SPVM a saisi 3330 plants de cannabis qui poussaient dans « différentes pièces » d’un immeuble commercial de la 8e Avenue, dans le quartier Rosemont. Il appartenait à une compagnie à numéro dont le premier actionnaire est Trong Nam Nguyen.

Le même jour, ils ont également découvert 534 plants dans un immeuble à logements du secteur Côte-des-Neiges, sur le chemin Bedford, propriété du même homme d’affaires, et servant d’adresse à son entreprise d’import-export d’autos usagées.

Présumée tête dirigeante d’un prolifique réseau de production de marijuana, Trong Nam Nguyen, 60 ans, a été arrêté au volant de sa Lexus, dans le stationnement d’un concessionnaire de cette marque de véhicules de luxe, durant l’opération Tuteur.

Trong Nam Nguyen possède neuf véhicules et sa résidence de l’arrondissement de Saint-Laurent vaut 1,2 million $.

Cet immeuble « majestueux sur trois étages », selon un rapport d’enquête du SPVM, n’est pas menacé d’être confisqué à titre de bien infractionnel par l’État. Ses deux autres propriétés qui abritaient des cultures de pot pourraient toutefois tomber aux mains du gouvernement s’il est reconnu coupable.

Il est toujours en attente de procès pour production de drogue, tout comme son frère, Trong Nhan Nguyen, et son neveu, Trong Hieu Nguyen.

Par ailleurs, l’enquête du SPVM a permis d’établir qu’au moins deux cultures de marijuana démantelées en 2016 à La Prairie, en Montérégie, et à Saint-Jérôme, dans les Laurentides, étaient reliées à l’organisation des frères Nguyen.

4. L’énigmatique M. Le

La pègre asiatique ne se limite pas à la production de pot. Certains de ses associés sont également actifs dans la vente d’une panoplie de drogues dures comme l’héroïne, le crystal meth et le crack.

C’est ce que tend à démontrer le projet d’enquête baptisé Once, par lequel le SPVM a permis la mise en accusation en juin de 13 présumés trafiquants, dont la majorité est d’origine vietnamienne.

L’enquête ciblait Mai Tri Le, 40 ans, comme la présumée tête dirigeante de ce réseau d’envergure.

Le 8 janvier 2016, un incendie a éclaté dans un immeuble à logements qui abritait une plantation de pot dans le quartier Saint-Michel. On a ensuite pu cibler un suspect qui s’intéressait de trop près à la scène.
Photo courtoisie
Le 8 janvier 2016, un incendie a éclaté dans un immeuble à logements qui abritait une plantation de pot dans le quartier Saint-Michel. On a ensuite pu cibler un suspect qui s’intéressait de trop près à la scène.

Il avait d’abord soulevé les soupçons des policiers qui l’ont surpris à deux reprises en train de circuler « à basse vitesse » en face d’un immeuble à logements incendié sur la 15e Avenue, dans le secteur Saint-Michel, le matin du 8 janvier 2016. Les pompiers avaient trouvé une centaine de plants de pot sur les lieux du sinistre.

« Quoi, on n’a pas le droit de venir voir ? Il y a un feu, c’est brûlé et il y a de la moisissure », aurait spontanément dit M. Le au patrouilleur qui l’avait intercepté.

Le policier trouvait curieux que l’automobiliste lui parle de moisissure puisqu’il n’y avait « aucune trace visible de la rue ».

Dans les mois suivants, une source des policiers leur a dit que Le gérait « plusieurs plantations de marijuana » à Montréal, en plus d’être actif sur le marché de la cocaïne. Les opérations de filature des policiers ont notamment permis d’observer ses subalternes en train de transiger de grandes quantités de drogue dans des sacs de hockey, des boîtes de carton et des glacières.

Le 14 juin, les policiers ont trouvé 3200 $ et 278 g de cocaïne dans le VUS d’un homme soupçonné de gérer des cultures de pot pour la pègre asiatique à Montréal.
Photo courtoisie
Le 14 juin, les policiers ont trouvé 3200 $ et 278 g de cocaïne dans le VUS d’un homme soupçonné de gérer des cultures de pot pour la pègre asiatique à Montréal.

Plusieurs immeubles abritant des plantations de pot et des points de vente de drogue ont aussi été identifiés, dont trois appartenant à la conjointe de M. Le.

L’opération de ratissage des policiers a notamment conduit à la saisie d’environ 50 kg de marijuana, de 5 g d’héroïne, de 1331 g de crystal meth, de 490 g de cocaïne, de 407 g de haschisch, en plus de centaines de comprimés de stéroïdes et de Viagra de contrebande.

Six immeubles d’une valeur totalisant 3,1 millions $ et utilisés à des fins criminelles par ce réseau pourraient être confisqués au profit du Procureur général du Québec, advenant la culpabilité de Mai Tri Le et de ses acolytes.

5. Comme une toile d’araignée

Peu loquaces avec les policiers, les producteurs de pot d’origine asiatique forment une muraille difficile à percer.

Les quatre suspects visés par l’opération Tuteur sont pratiquement restés muets comme des carpes lorsqu’ils ont été arrêtés puis interrogés par les enquêteurs du SPVM. « Aucune déclaration incriminante » n’a été tirée d’eux, selon la preuve.

Au Québec, le crime organisé asiatique « fonctionne comme une toile d’araignée », sans véritable structure ni hiérarchie, contrairement au crime organisé en Asie, aux motards ou à la mafia italienne, a observé le commandant Minh Tri Truong, du SPVM.

La serre démantelée en mai dans une maison de la rue Rosario-Bayeur était alimentée par de l’électricité détournée des compteurs d’Hydro-Québec.
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La serre démantelée en mai dans une maison de la rue Rosario-Bayeur était alimentée par de l’électricité détournée des compteurs d’Hydro-Québec.

Les membres des groupes criminels de souche asiatique sont discrets et issus de communautés tissées serrées, au Canada comme ailleurs dans le monde.

« La discrétion, c’est dans la nature des Asiatiques », a confirmé l’officier Truong.

Contrairement au monde des motards, les forces policières au Québec n’ont pratiquement jamais réussi à y recruter des délateurs pour les aider à piéger des trafiquants ou pour dénoncer des crimes graves.

La barrière linguistique semble aussi jouer en leur faveur puisque les policiers capables d’approcher ou d’infiltrer ces gangs criminels, comme l’a fait le commandant Truong au début de sa carrière durant les années 1990, ne sont pas légion.

« C’est sûr que le profil type du policier au Québec, ou même en Amérique du Nord, connaît moins ce milieu-là. L’approche devient plus difficile, avance l’officier du SPVM. Mais si tu ne parviens pas à établir une relation de confiance, ce sera difficile d’obtenir des informations et de faire parler les gens, peu importe leur origine. »