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Rester ensemble même si...

Scissors cutting paper cut of family / Broken family concept / divorce
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La vie à deux comporte son lot de joies, de moments de bonheur, de hauts et de bas. Certains vous diront toutefois que de nombreux couples semblent carburer aux conflits. Incapables de rester ensemble, incapables de se séparer... Qui sont-ils, pourquoi restent-ils ensemble même si tout porte à croire que rien ne va plus au sein de leur union ? Parfois, les disputes ne sont que des occasions pour célébrer des réconciliations en retrouvailles sexuelles. Tentons de décrypter ces couples...

Les murs ne tremblent pas toujours

Il arrive fréquemment que les gens considèrent les disputes comme étant un des plus grands fléaux au sein du couple. En réalité, ce ne sont pas que les conflits qui usent ou qui détruisent les unions –, ce sont trop souvent les dommages collatéraux que ceux-ci occasionnent alors qu’ils sont mal gérés ou trop fréquents. À force de se répéter, les disputes laissent des marques parfois difficiles à guérir – des paroles blessantes, des gestes inappropriés, de la haine.

Or, il arrive également que des couples supportent une violence quotidienne, sourde : l’indifférence, le manque d’attentions, l’excès de froideur. Les murs ne tremblent pas sous l’effet de la colère (un couple a déjà exprimé cette comparaison en thérapie), mais visiblement il fait froid sous les couvertures et dans le cœur de ces hommes et de ces femmes.

Entre peurs et inquiétudes

Si les conditions de vie dans lesquelles certains couples évoluent ne font pas l’unanimité, ceux qui restent dans des relations parfois toxiques ne s’y sentent guère mieux. Habituellement, c’est en raison de grandes peurs qui gouvernent et prennent le pas, empêchant hommes et femmes de prendre les meilleures décisions. Ces peurs sont nombreuses :

  • Peur de blesser l’autre/les enfants
  • Peur de l’abandon
  • Peur d’être seul
  • Peur de prendre la mauvaise décision
  • Peur d’être remplacé/remplacée
  • Peur de ne plus retrouver personne
  • Peur de l’échec

Sous ces inquiétudes se cache souvent un grand sentiment de fragilité, dont il est impératif de s’occuper. La séparation représente une des plus grandes sources de stress, mais il arrive parfois qu’elle soit la seule voie envisageable pour retrouver son intégrité émotive, psychologique ou physique.

Dans un texte d’Ingrid Seyman et Marie-Claude Treglia intitulé Comment gérer les enfants quand on divorce ?, le psychologue belge Jean Van Hemelrijck, dont la spécialité est de recevoir en thérapie des gens incapables de se séparer, rappelle que « Toutes ces peurs peuvent éventuellement conduire des couples à vivre dans le conflit pendant des années : c’est une façon d’entretenir le lien. [...] La haine est un lien puissant, et le combat (qu’il soit pré ou post-divorce) peut devenir une façon pathologique de prolonger le couple. Puisque l’autre, bien que détesté, continue à prendre toute la place ».

Le bonheur, par hasard ?

Toute rupture est forcément accompagnée d’émotions, de changements et de questionnements. Il ne faut donc pas hésiter à tendre la main à ceux et celles qui vous entourent et à aller frapper aux portes de professionnels compétents. Chacune/chacun doit pouvoir respecter son rythme de séparation et de deuil, mais surtout chacun doit pouvoir se donner l’occasion de trouver ses propres ressources intérieures pour rebondir. Parce que parfois, rester ensemble même si ça ne va plus... provoque davantage de blessures.


Pour Christiane, femme de 44 ans et mère de deux adolescentes, quitter une relation de laquelle rien de bon ne peut plus sortir s’est avéré le seul choix :

« J’étais comme paralysée avec Jacques. Lui et moi n’avions plus rien à nous dire, c’était non seulement lourd, mais extrêmement déchirant. Avec les autres, nous arrivions à rire et à s’amuser, mais seuls nous étions moroses et méchants l’un envers l’autre. Cette violence psychologique, parfois verbale, nous a conduits à faire de mauvais choix. On s’est quitté en décembre 2016, juste avant Noël. Ç’a été très, très difficile jusqu’en février pour moi. Me retrouver un logement, me remettre sur mes pattes, car ma confiance et mon estime de moi étaient complètement à plat. Ce fut probablement la décision la plus difficile, mais aussi la plus bénéfique pour moi et les enfants. Je n’ai plus aucun contact avec Jacques, je ne sais pas comment lui il vit ça. Et même avec du recul, de nombreux mois plus tard, je ne comprends toujours pas pourquoi nous sommes restés ensemble si longtemps. Un jour, je le comprendrai peut-être... »


Certains se reconnaîtront dans ce qu’Agnès vit :

« Jérôme travaille beaucoup. Nous n’avons généralement pas beaucoup de temps ensemble la semaine, alors on se retrouve les week-ends. Entre les tâches et le taxi à faire pour les enfants, il est très difficile de se voir sans que rien ne nous affecte. Alors, on se dispute. Dernièrement, j’ai remarqué que nous élevions la voix plus souvent qu’avant. Je pleure souvent et maintenant les enfants sont témoins de ces disputes. Ma grande de 10 ans m’a déjà dit qu’elle trouvait ça dur que papa ne soit jamais là et que quand il y est, on se dispute. Honnêtement, je ne sais plus quoi faire. Des fois je me dis que je devrais partir, mais je n’ose pas. Qu’est-ce que je ferais toute seule ? Et Jérôme ? Et les enfants ? Je pense qu’on endure la situation jusqu’à ce que les enfants soient partis de la maison. Ce n’est pas toujours la guerre à la maison, on ne s’engueule pas tout le temps, on a de très bons moments quand même ensemble, rares mais bons. Je ne sais plus. »