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Transgresser les classes sociales

Transgresser les classes sociales
Photo courtoisie

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La troupe de théâtre La comédie humaine s’apprête à présenter une toute nouvelle mouture de la célèbre pièce Pygmalion, à l’origine de la comédie musicale My Fair Lady. L’histoire, désormais campée à Montréal, met à l’avant-plan les différences entre diverses classes sociales, tout en dénonçant les préjugés.

La Comédie humaine, réputée pour la qualité de ses productions – dernièrement Les sorcières de Salem et La souricière –, a choisi Pygmalion pour sa prochaine pièce, un autre grand classique qui s’est illustré mondialement avec brio, depuis sa création en 1914.

« Nous serons dans l’œuvre originale de l’auteur George Bernard Shaw », lance d’emblée le comédien Marc-André Collier, qui sera de la distribution.

Saveur nostalgique

Si l’histoire a été respectée, les ­repères londoniens, eux, ont été ­modifiés. C’est que le metteur en scène Martin ­Lavigne a choisi de camper la pièce dans le Montréal de 1938, lors de la Grande Dépression. Par ses repères, la pièce aura une saveur particulièrement nostalgique. « Nous sommes dans le Faubourg à m’lasse, avec les influents de cette époque, annonce le comédien. Maurice Duplessis est au pouvoir, tandis que Camilien Houde est maire de Montréal, ce qui rappellera des ­souvenirs à plusieurs. »

Rien n’a été laissé au hasard dans cette nouvelle adaptation québécoise. Les salaires, les costumes et – surtout – les mentalités des années 1930 seront respectés. « Nous sommes à une époque, où les hommes parlent et les femmes écoutent », rappelle-t-il.

Élever son rang social

La pièce, dont l’auteur a obtenu le prix Nobel de littérature et dont l’adaptation cinématographique a été oscarisée, raconte l’histoire d’Élisa (Élizabeth Duperré), une jeune fille ambitieuse de 18 ans, vendeuse de fleurs itinérante, qui aspire à s’élever dans l’échelle sociale. Pour y arriver, elle s’engagera dans des cours de diction et dans l’apprentissage des bonnes manières, après avoir croisé le professeur Higgins (Jean-François Beaupré), un homme de la haute société qui habite Westmount. Celui-ci y voit l’occasion de transformer cette jeune femme d’un quartier défavorisé, en une véritable princesse. Des paris seront même lancés. « Toutes les couleurs de la langue seront présentes », fait ­remarquer Marc-André Coallier. Ainsi, on passera du joual au français ­international, en passant par le québécois, selon le rang social de chacun.

Bien qu’Élisa fasse quelques erreurs de parcours, elle parviendra à ses fins, grâce à sa grande détermination. Mais le conte de fées ne sera pas complet...

Pygmalion

  • Auteur : George Bernard Shaw
  • Mise en scène : Martin Lavigne
  • Distribution : Maryève Alary, Jean-François Beaupré, Pierre Chagnon, Élisabeth ­Chouvalidzé, Marc-André Coallier, Élizabeth ­Duperré, Christine Lamer et Carmen Sylvestre
  • Du 6 au 7 octobre à la Maison de la Culture Mercier
  • En tournée au Québec jusqu’au 19 mai 2018