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Mélanie Joly et la tarte de Netflix

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Vous pensez qu’il n’y a qu’au Québec qu’on chiale contre l’entente Netflix ?

Une chroniqueuse du Globe and Mail l’a carrément qualifiée d’« abject failure », « un échec abject ».

Pourtant, Mélanie Joly joue à l’autruche depuis jeudi. Elle ne fait que répéter comme un perroquet que : « C’est une bonne nouvelle, c’est une bonne nouvelle », comme si elle disait : « Coco veut un biscuit, Coco veut un biscuit. »

UNE OCCASION EN OR ?

Comment peut-on considérer comme « une bonne nouvelle » le fait que Mélanie Joly n’ait annoncé aucune garantie de pourcentage de contenu francophone ?

En entrevue, elle a simplement répondu : « Je sais que Netflix aura des bonnes nouvelles à annoncer à ce sujet au cours des prochaines semaines. »

Mais ce n’est pas ça qu’on veut de la part d’une ministre : laisser à une multinationale le soin de nous annoncer, quand bon lui semblera, ce qu’elle daigne faire pour respecter la culture francophone. Ce n’est pas un détail à régler plus tard !

En entrevue à Radio-Canada, elle a déclaré : « J’espère que les producteurs québécois vont saisir cette occasion, car Netflix va inviter les producteurs francophones à les rencontrer. »

Hallucinant ! Une ministre qui se décharge de ses responsabilités sur le dos des producteurs en laissant entendre que ce sera à eux de jouer au plus fort la poche pour se tailler une partie de la « tarte Netflix » !

Michel Lacombe lui a posé une sacrée bonne question : les séries en anglais de Netflix Canada seront-elles doublées en français à Paris ou au Québec ?

La réponse : « On est convaincu que l’industrie du doublage, elle est bonne au Québec et que, étant donné que Netflix a une compagnie de production canadienne, ils vont avoir tout avantage à faire leur doublage ici au Canada. »

Elle ne leur a imposé aucune clause et se fie à leur bonne volonté !

Imaginez si vous disiez à votre patron : « J’ai signé avec une multinationale multimilliardaire sans aucune garantie. Je me fie à leur bonne foi. » Vous perdriez votre emploi dans l’heure qui suit.

UNE PETITE ÉTIQUETTE

Pour tenter de clarifier sa pensée (hmm, hmm), Mme Joly a publié une lettre ouverte... dans laquelle elle ne répond toujours pas clairement aux questions qu’on se pose !

« Il s’agit d’une réponse ambitieuse pour adapter nos approches à un environnement devenu complexe, mouvant et comportant de multiples enjeux. Un écosystème qui regroupe aussi des joueurs majeurs, venus de partout dans le monde. »

Mme Joly était tout excitée de nous dire que Netflix allait créer un algorithme pour retrouver le contenu canadien sur son site... avec l’apposition d’une « vignette de “Contenu canadien” ».

Au supermarché des images, entre un spécial « sans gluten » et un autre « calories vides », on retrouvera une étiquette « 100 % canadien » comme sur la viande hachée.

Et elle a le culot de nous dire que « ça aide la découvrabilité du contenu » !

DE KESSÉ ?

Un « environnement mouvant », un « écosystème » complexe, la « découvrabilité » ?

Après les chrétienneries et les perronismes, voilà qu’on a droit aux jolismes : parler pour ne rien dire.