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La famille d’une victime dénonce un rapport qui protège les pitbulls

Une Montréalaise est morte l’an dernier attaquée par un chien dans sa cour

Christiane Vadnais est morte à 55 ans le 8 juin 2016, victime d’une attaque de chien alors qu’elle était dans sa cour.
Photo d’archives Christiane Vadnais est morte à 55 ans le 8 juin 2016, victime d’une attaque de chien alors qu’elle était dans sa cour.

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La famille d’une Montréalaise décédée l’an dernier lors de l’attaque d’un chien estime que le rapport du coroner protège les pitbulls.

Le dépôt du rapport sur la mort de Christiane Vadnais, lundi matin, était très attendu, car ce décès est à l’origine du règlement anti-pitbull que tente d’imposer Montréal et pourrait influencer le projet de loi 128 encadrant les chiens dangereux.

Mais pour la famille de la victime, c’est la déception. « Ce rapport est ridicule, ce n’est pas assez sévère, il fallait recommander d’interdire les pitbulls », estime le frère de la victime, Serge Vadnais.

Sa sœur a été retrouvée morte dans son jardin de Pointe-aux-Trembles. Selon le rapport, la femme de 55 ans a été tuée par le chien du fils de son voisin. L’animal de 33,5 kg (73 lb) laissé sans surveillance et sans muselière s’est introduit chez elle par un trou dans la clôture.

Durant l’attaque, Mme Vadnais a subi un traumatisme et des hémorragies. Le rapport indique qu’elle était « atteinte d’une maladie coronarienne sévère qui aurait pu abaisser [son] seuil de tolérance à l’hémorragie, à l’effort physique et à la douleur, et ainsi entraîner un décès plus rapide ».

« C’est choquant de lire que la santé de ma sœur est une cause de son décès, déplore Lise Vadnais. Le coroner écrit qu’elle est morte parce qu’elle était au mauvais endroit au mauvais moment, mais elle était chez elle, dans sa cour ! »

Stérilisation

Dans son rapport, le coroner, le Dr Ethan Lichtblau, recommande notamment la création d’un registre québécois des chiens qui ont causé des blessures ou la stérilisation de tous les chiens, « quelle que soit la race ».

L’interdiction n’est en revanche pas souhaitable, selon lui. « Ce n’est pas efficace, justifie le Dr Lichtblau en entrevue. Selon plusieurs études, ça ne réduit ni la fréquence ni la gravité des blessures. Il faut plutôt regarder la santé du chien, son éducation et la façon dont on s’occupe de lui. »

Un point de vue qui indigne Lise Vadnais. « Des chiens mordent même s’ils sont élevés dans de bonnes familles. Mais on ne peut pas comparer une attaque de pitbull à une simple morsure de chien », dit celle qui affirme aimer les chiens.

Pitbull ?

Lise Vadnais dénonce aussi le flou entourant la race du chien tueur.

Dans le rapport, il est écrit que « malgré les résultats de l’analyse d’ADN du chien, on est incapable, à partir des photos du chien fournies, d’identifier formellement ce chien comme étant un “pitbull”. »

Or, selon les tests ADN, le chien était à 87,5 % un terrier américain du Staffordshire, soit l’un des types de chiens apparentés aux pitbulls que la Ville de Montréal souhaite interdire avec son règlement.

« Pour moi, 87 % pitbull, ça veut dire que c’est un pitbull », a d’ailleurs réagi lundi le maire Coderre.

La SPCA de Montréal félicite quant à elle le coroner qui pointe « l’inefficacité des mesures ciblant certaines races de chien ».

– Avec la collaboration de Laurence Houde-Roy, Agence QMI