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Une autre menace signée Trump plane sur les PME d’ici

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Une autre mesure de Donald Trump menace les entreprises d’ici. La réforme de la taxation des sociétés proposée par les républicains pourrait pousser les compagnies américaines à moderniser rapidement leurs usines pour profiter de généreuses déductions fiscales qui leur feraient payer moins d’impôt.

« La déduction fiscale permettrait aux compagnies américaines de payer moins d’impôt plus rapidement que les entreprises canadiennes parce qu’elles pourraient déduire sans attendre toutes dépenses en machinerie », note le fiscaliste André Boulais de la firme Boulais CPA Inc., en Montérégie.

Nouvelles règles du jeu

En ce moment, une entreprise manufacturière québécoise qui achète, par exemple, une machine-outil de 100 000 $ peut l’amortir sur trois ans et avoir droit à un crédit d’impôt de 12,5 %, explique M. Boulais.

Trump veut que les entreprises américaines puissent déduire tout de suite ce 100 000 $. C’est le Financial Post qui a relevé que le gouvernement américain cherchait à déduire ces dépenses « immédiatement » pour favoriser ses compagnies.

Résultat, la société paie moins d’impôt dès la première année et peut ainsi avoir plus d’argent dans les poches. « Si j’achète un bien et je la déduis tout de suite, je paye moins d’impôt. J’investis pour être plus productif ou bien je vais baisser mes prix », résume le fiscaliste André Boulais.

Nuire au Québec

« C’est sûr que si cette réforme fiscale passe, ça va nuire à la compétitivité de nos entreprises à l’échelle locale et internationale », prévient Véronique Proulx, présidente-directrice générale de Manufacturiers et Exportateurs du Québec (MEQ). Selon elle, ce projet est loin d’être adopté, mais la vigilance s’impose.

Pour Véronique Proulx, la mesure de Trump pourrait même faire en sorte que les entreprises américaines boudent le Québec. « La compagnie américaine qui veut une nouvelle usine ira là où c’est plus avantageux. Entre Laval et l’Ohio, elle ne choisira pas Laval », conclut-elle.