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À la conquête des sommets

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Photo courtoisie « J’aime me pousser pour toujours aller plus loin, résume Sébastien Roulier. J’aime me mettre dans le trouble moi-même pour grandir. J’ai la chance de le faire dans le cadre de défis, par plaisir, alors que plusieurs personnes font face à de vrais défis comme la maladie. Je suis privilégié. »

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Ses couleurs, son odeur et sa température : l’automne est la saison idéale pour partir à la rencontre des montagnes. L’ultramarathonien Sébastien Roulier nous invite à découvrir la rando-course.

« Mes jambes sont un peu fatiguées », me dit Sébastien Roulier. La veille, il a monté et descendu le Mont Orford 26 fois dans le cadre du 24 heures du Défibrose Mont Orford.

Le pédiatre intensiviste du Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke a l’habitude des efforts de longue haleine. Cinquante-deux épreuves de marathon dans les jambes, dont neuf avec la médaille au cou... et un de ceux-ci, alors qu’il poussait ses enfants dans un chariot de course. Adepte de plein air, le passage vers la course en sentier s’est fait naturellement, tout comme celui vers les ultras longues distances. Il a gagné dix des 33 ultra-marathons auxquels il a participé, sur des distances variant entre 80 et 160 km. Le père de trois enfants a aussi représenté le Canada dans quatre courses des Championnats mondiaux d’ultra-marathons.

En somme, la performance, le coureur connaît.

Cela ne l’empêche pas de choisir de s’en éloigner en pleine nature dans des défis plus grands que soi où il n’a « personne pour le tirer, personne pour le pousser ».

La rando-course vers les plus hauts sommets

Au mois d’août dernier, Sébastien Roulier s’est improvisé une petite aventure : la conquête des 48 sommets de plus de 4000 pieds dans les Montagnes Blanches au New Hampshire. Alors que l’exploit occupe traditionnellement un randonneur pendant des années, Sébastien Roulier a parcouru ces 368 kilomètres (et 2200 m de dénivelé positif) en quatre sorties pour un total de 87 heures d’effort, alternant entre la course et la marche.

« Il ne s’agit pas de battre des records. En nature, c’est idéal pour décrocher de la performance. Il suffit d’être en mouvement. Courir, marcher... rien de planifié : le relief et nos sensations dictent notre rythme », dit Sébastien Roulier.

La course le somme à être attentif ; il ne pense à rien, trop occupé à ressentir la nature par tous ses sens.

« Je me sens un peu comme un animal qui bouge dans la nature », résume le coureur.

De passer de la marche à la course permet de couvrir plus de terrain, en plus d’offrir un effort bien satisfaisant. Lorsqu’on pratique la « rando-course », on devient opportuniste : on profite des terrains où la progression en course se fait bien, sans pour autant ressentir une déception alors qu’on doit se rabattre à de bons pas de marche. Tant qu’on avance.

« La rando-course ménage aussi plus le corps que les entraînements d’intensité sur route », ajoute le spécialiste en pédiatrie.

S’y initier

L’équipement est minimal : des souliers de course en sentier aux pieds, un sac à dos léger ne contenant que l’essentiel (une couche supplémentaire, des collations, de l’eau et un petit kit de survie), peut-être des bâtons, et on est prêt à partir.

« On choisit un sentier à forte fréquentation, une valeur sûre, afin que la surface soit bien tapée et le balisage, facile à suivre », conseille Sébastien Roulier. Si on y va tôt en journée, on ne se butera pas contre la foule. Pour une initiation réussie, on opte pour une montée plutôt progressive et une surface dégagée.

N’oubliez pas : la performance reste à la maison. Les jambes courront quand elles le pourront, autrement, elles se contenteront d’un pas vif et dynamique jusqu’au sommet. Bonne rando-course !

Trois boucles de rando-course pour s’initier

Le mont Chauve à Orford

« De l’érablière, on progresse en forêt tout le long, sans que le dénivelé soit trop abrupte. Il y a plusieurs relances assez plates dans lesquelles on peut se faire plaisir à la course. Le point de vue sur le Lac Stukely vaut l’effort. On a l’option de s’allonger par la boucle pour la descente ou de revenir sur nos pas », dit Sébastien Roulier.

Les cinq sommets du mont Saint-Hilaire

« Plus près de Montréal, cette boucle offre des vues dégagées intéressantes et de belles surfaces de course », résume l’ultramarathonien. On part de l’accueil vers la Rocky, qui propose une montée graduelle parfaite pour s’échauffer les jambes. On redescend par le sentier bleu pour ensuite grimper Dieppe, Pain de sucre, puis Burned Hill jusqu’à l’accueil.

La boucle Lafayette dans les montagnes Blanches

« Je recommande de la boucler dans le sens antihoraire : la montée est plus abrupte, mais cela se gère mieux qu’à la descente », dit Sébastien Roulier. Ponctué de cascades, le sentier Falling Water est fort en récompenses visuelles, avant de culminer à une chute de 24 mètres au sommet du mont Little Haystack. On progresse ensuite le long d’une crête de 5,1 kilomètres (Franconia Ridge) offrant une vue dégagée sur les Montagnes Blanches, par le mont Lincoln puis le mont Lafayette. La descente via le Old Briddle Path se fait à bon rythme pour autant qu’on soit attentif à travers les roches.