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Faut-il boycotter Roger Waters?

Roger Waters
Photo AFP Roger Waters

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La fin de semaine prochaine, Roger Waters sera à Québec, et la semaine d’après, à Montréal, pour présenter son spectacle Us & Them. Irez-vous le voir ?

Saviez-vous que le réalisateur Ian Halperin, montréalais d’origine, a réalisé un film dénonçant l’antisémitisme de l’ancien Pink Floyd ?

Que l’organisme B’nai Brith Canada réclame le boycott de ses spectacles ?

Et qu’il y a même un site internet appelé « Wedontneednorogerwaters.com » (On n’a pas besoin de Roger Waters) et une pétition en ligne contre les spectacles de Waters ?

CONSTRUIRE UN MUR ?

Le film de Halperin, Wish you weren’t here (un jeu de mots avec la chanson Wish you were here de Pink Floyd), sera présenté à Québec le 8 octobre au Cineplex Beauport (Waters sera au centre Vidéotron les 6 et 7) et le 16 octobre au Cineplex Forum (Waters sera au Centre Bell les 16, 17 et 19).

Dans la bande-annonce du film, des personnalités émérites comme l’avocat Alan Dershowitz affirment à la caméra que Roger Waters ne fait pas que détester Israël : il détesterait les Juifs.

Je n’ai pas encore vu le documentaire de Halperin. Je considère que l’on a parfaitement le droit de critiquer Israël sans se faire traiter d’antisémite. Mais je sais aussi que l’attitude de Roger Waters face à Israël a toujours dépassé la simple critique d’un État dont on n’aime pas les politiques. Lors de son passage à Tout le monde en parle où nous étions tous deux invités, Waters parlait avec hargne du mur érigé par Israël, mais en oubliant de mentionner que depuis la construction du fameux mur, le nombre d’attentats contre des innocents en territoire israélien a dramatiquement diminué.

Dans de nombreuses déclarations publiques, Waters a comparé Israël aux nazis et affirmé que c’était le pire régime sur terre (j’aimerais savoir ce qu’il pense de l’Arabie saoudite, de l’Iran, de la Syrie ou de la Corée du Nord)...

La façon dont Roger Waters défend le mouvement BDS (boycott, désinvestissement et sanctions), en parlant de l’apartheid israélien ou du génocide israélien, ressemble beaucoup à de l’incitation à la haine. Comme si l’existence même de l’État d’Israël lui répugnait. Mais, comme lui demandait l’animateur radio Howard Stern : « Où veux-tu que les juifs aillent, Roger ? »

Mais même si le film de Halperin prouvait hors de tout doute que Waters est bel et bien un horrible antisémite, je ne boycotterais pas pour autant son spectacle. Parce que je déteste que l’on me dise quoi penser, pour qui voter ou pour qui je devrais acheter des billets.

Roger Waters s’en prend depuis des années à ses collègues musiciens qui « osent » se rendre en Israël. Récemment, il s’est essayé avec Radiohead qui allait donner un spectacle à Tel Aviv. Waters leur a fait la leçon sur toutes les tribunes, pensant les culpabiliser. Mais Radiohead lui a dit d’aller se faire cuire un œuf.

Ils ont bien fait. D’autant plus que Tel-Aviv est la ville la plus progressiste, moderne, débridée, pro gai, de la région. Mais ça, Roger Waters ne vous le dira jamais.

PAS DE BOYCOTT

J’irai voir le film le 8 octobre à Québec, mais en attendant, ne venez pas me dire quelle musique je devrais, ou pas, écouter.