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Les cols bleus de Laval votent en faveur d’un mandat de grève

Le syndicat a quitté la médiation sur le renouvellement des conventions collectives

Une centaine de cols bleus de Laval ont soufflé dans de bruyantes flûtes mercredi devant l’hôtel de ville protégé par des policiers.
Photo MARTIN ALARIE Une centaine de cols bleus de Laval ont soufflé dans de bruyantes flûtes mercredi devant l’hôtel de ville protégé par des policiers.

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Réunis en assemblée mercredi soir, les cols bleus de Laval ont voté dans une proportion de 95 % pour un mandat de grève générale, qu’ils menacent de mettre à exécution au moment jugé opportun.

« Si la Ville maintient ses positions et ne veut rien savoir, on va faire pression en gradation, affirme Stéphane Lavoie, vice-président du syndicat. Lorsqu’on va sentir que c’est le moment opportun d’aller [en grève], on va le faire. »

Près de « 400 des 700 cols bleus » ont voté, précise M. Lavoie, ajoutant qu’il n’y a « pas de rencontre prévue prochainement » avec la Ville.

« C’est sûr qu’on va s’inviter à la campagne électorale », poursuit-il sans donner davantage de détails sur les moyens de pression qui pourraient être mis en place, estimant simplement que le mandat de grève est un « atout de plus » à la table de négociations.

Perturbation

La séance du conseil municipal de Laval a de nouveau été perturbée mercredi par un vacarme produit par une centaine de cols bleus manifestant leur mécontentement à l’extérieur. Mais cette fois-ci, elle a pu être menée à terme.

Au lendemain du report de la séance du conseil en raison d’une manifestation bruyante de 700 cols bleus, l’hôtel de ville de Laval était mercredi sur un pied d’alerte.

Le boulevard du Souvenir était partiellement bloqué à la circulation et des barrières ceinturaient l’hôtel de ville, tandis que deux lignes de policiers gardaient l’entrée et qu’une escouade antiémeute se tenait prête à intervenir.

Finalement, seule une centaine de cols bleus munis de bruyantes cornes en plastique se sont fait entendre dès 13 h, heure à laquelle débutait la dernière séance du conseil avant les élections du 5 novembre.

Mise en demeure

Au cabinet du maire Marc Demers, on justifie l’impressionnant déploiement de forces de l’ordre par l’ampleur de la manifestation de mardi.

« Les cols bleus ont renversé une barrière de sécurité pour s’approcher de l’hôtel de ville, ils ont empêché des citoyens d’entrer et ils ont fait un niveau de bruit jamais atteint », dit François Brochu, porte-parole du maire.

Il indique que plus de cent plaintes du voisinage ont été recensées.

Pour éviter un tel chaos mercredi, la Ville a mis en demeure le syndicat de respecter le fonctionnement des activités municipales, incluant le conseil municipal. Une mesure qui a fortement déplu aux cols bleus.

<b>Martin Gagnon</b><br />
Président syndicat des cols bleus
Photo MARTIN ALARIE
Martin Gagnon
Président syndicat des cols bleus

« Nous avons le droit de manifester, plaide Martin Gagnon, président du syndicat. Notre but n’est pas de faire du grabuge. On ne rentrera pas à l’intérieur et on ne demandera pas à nos membres de se mettre en grève illégalement. »

Médiation

La semaine dernière, le syndicat a quitté le processus de médiation sur le renouvellement des conventions collectives. Celles-ci sont échues depuis janvier 2016.

« La Ville essaie d’imposer des conditions inacceptables. Nous voulons être traités comme les autres employés de la Ville », dit M. Gagnon.

De son côté, Stéphane Lavoie n’a pas voulu préciser sa pensée quant aux demandes faites par les cols bleus concernant le renouvellement de leur convention collective, disant « qu’il préférait ne pas négocier sur la place publique ».