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«Cirkopolis» à Paris: départ réussi pour le Cirque Éloize

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PARIS – «Cirkopolis» du Cirque Éloize a trouvé un terreau fertile en France depuis longtemps. Or, s’il a pris l’affiche dans plus d’une trentaine de villes, il ne s’était jamais arrêté à Paris avant jeudi, là pourtant où il a ravi jusqu’à l’ovation.

La troupe montréalaise marque ainsi d’un grand coup le début de son partenariat de cinq ans avec le 13ème Art, le théâtre de Juste pour rire dans la Ville Lumière, où ses créations s’installeront notamment chaque année en décembre.

Une touche de fantaisie

Dehors sur la rive gauche, le temps était gris en ce soir de première, assorti à la ville-usine inspirée des films futuristes «Métroplis» de Fritz Lang et de «Brazil» de Terry Gilliam qui nous attendait à l’intérieur, projetée à l’arrière-plan.

Pris dans l’engrenage de roues mécaniques et aliénés par une bureaucratie aux tâches répétitives, les 14 artistes sur scène, d’abord comme robotisés, n’ont pas mis de temps à conquérir la salle. Il a suffi que la fantaisie s’en mêle pour aussitôt émerveiller et transformer le moindre geste en mouvement improbable, comme cette ballerine tournoyant sur elle-même à la roue Cyr ou encore cette acrobate qui, dans un numéro de main à main, marche dans les airs avec grâce, appuyant chaque enjambée d’un grand écart.

Si la finesse et la fluidité dans l’exécution des contorsionnistes, enroulées dans une corde ou suspendues à un trapèze, ont donné lieu à des applaudissements bien nourris, il en a été tout autant pour ces instants à la fois clownesques et poétiques, notamment lorsqu’Ashley Carr – vedette de la production depuis le tout début – fait la cour à une robe rouge accrochée à un portemanteau.

Des couleurs au tableau

Progressivement libérés de leur complet les rendant si uniformes, les athlètes ont tour à tour apporté leurs couleurs aux tableaux que Jeannot Painchaud a mis en scène avec le danseur et chorégraphe Dave St-Pierre. Tandis qu’on a été fasciné par la dextérité à la roue allemande, on a retenu notre souffle durant un numéro de mât chinois, puis spontanément battu la cadence durant une chorégraphie combinant habilement danse et jonglerie. D’ailleurs, Éloize a fait de la multidisciplinarité de ses talents sa signature, et le spectacle en résidence au 13ème Art jusqu’aux 29 octobre en propose une cargaison.