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Panique dans l’information

Panique dans l’information
Photo AFP

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J’étais en Arizona la fin de semaine dernière et au Nouveau-Mexique le lundi où l’Amérique prenait conscience de l’ampleur de la tuerie survenue la veille à Las Vegas.

Tout le monde dans la rue et dans les restaurants et dans les lieux publics ne parlait que de ce tueur posté au 32e étage avec plusieurs mitraillettes... mais sans savoir ce qui s’était passé vraiment.

Les Américains que je croisais partageaient l’hypothèse par défaut du terrorisme musulman. J’entendais Al Qaida ! ou État islamique ! (« ISIS », en anglais). Rapidement, cette piste a semblé fausse... même si l’État islamique a plus tard revendiqué l’attentat (peut-être seulement pour faire parler de lui et aggraver la confusion).

Tragédie nationale

Dans cette région des États-Unis souvent qualifiée de « ceinture biblique », je croise parfois d’imposants véhicules récréatifs arborant fièrement les couleurs ou le slogan de Donald Trump... même si je rencontre ici aussi des gens qui détestent le président. Mais la division s’atténue quand le malheur frappe.

Ce n’était pas Pearl Harbor ou le 11 septembre, mais une tragédie nationale néanmoins. Les gens écoutaient avec angoisse la radio ou la télé... ou pitonnaient sur leur téléphone pour communiquer avec des amis ou des proches.

Poule décapitée

Avec les téléphones qui diffusent un événement dans tous les angles imaginables et des témoins par milliers qui racontent une chose et son contraire, instantanéité oblige, les journalistes du direct se contredisent aux 20 minutes sur les grandes chaînes. On parle de 200 morts, puis de 60 morts, mais de moins de 100 blessés, puis ce nombre quadruple, quintuple, etc. Après la piste terroriste, on parle d’un ancien employé de l’hôtel, puis, non, d’un retraité, ancien comptable, etc.

L’information allait partout comme une poule à la tête coupée ! Jamais je n’ai vu un tel imbroglio journalistique qu’aux États-Unis à la télévision le lendemain de la tuerie de Las Vegas. Comme quoi la radio dit, la télé montre et la presse écrite explicite ; c’est toujours vrai.