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Netflix: on se désabonne?

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Récemment, j’ai entendu plusieurs personnes dire qu’elles avaient annulé leur abonnement Netflix, en guise de protestation contre la multinationale.

Ce n’est pas que Netflix ne veut pas payer la TPS... c’est la ministre elle-même qui ne leur a jamais demandé ! Ce n’est pas Netflix qui a floué les Canadiens, c’est Ottawa qui n’a pas été assez exigeant !

En fait, si on est fâché contre l’entente Netflix, il faudrait plutôt penser à se désabonner ... des Libéraux fédéraux.

WHAT DOES QUEBEC WANT ?

Vous savez pourquoi je ne décolère pas de l’entente Netflix ? Parce que c’est l’exemple parfait de ce qui arrive quand le fédéral s’occupe de culture : le Québec prend le bord. Aucune garantie de production francophone, aucune garantie de doublage fait au Québec. Et uniquement des grenailles (5 millions par année pendant cinq ans) pour explorer le marché québécois.

Jean-François Lisée avait bien raison hier de dire : « L’entente Netflix n’est qu’un autre exemple qui prouve que nous ne pouvons pas laisser l’avenir de notre culture entre les mains du fédéral. »

Difficile de ne pas donner raison au Parti québécois quand on voit Ottawa agir comme si la culture québécoise n’était pas dans un cas à part.

Je m’obstine souvent avec des gens qui trouvent que l’entente Netflix est une bonne nouvelle. « On va avoir 500 millions d’argent neuf », disent-ils. Mais ils oublient que c’est Netflix qui investit... dans Netflix. Pas dans Blue Moon, Victor Lessard, Trop ou Les Simone !

Netflix n’investit pas au Canada par acte de bienfaisance, par grandeur d’âme. Il le fait parce que ça rapporte. Et en plus, on leur donne des crédits d’impôt, toi ! Un petit chausson aux pommes avec ça ?

Selon les derniers chiffres du CEFRIO, le nombre de Québécois abonnés à des services payants de films, séries, émissions en ligne est passé de 40 % en 2016 à 53 % cette année. Et de ce nombre, 33 % sont abonnés à Netflix, 19 % à Illico et 4 % au service payant de Ici.tou.tv.

Pourtant, ceux qui sont abonnés à Netflix ne payent pas de TPS. Cherchez l’erreur.

LA GROGNE ? QUELLE GROGNE ?

Depuis jeudi, c’est la grogne contre l’entente Netflix dans le milieu culturel, le milieu médiatique, le milieu fiscaliste et le milieu politique. Mais si vous suivez Mélanie Joly sur Twitter, vous aurez l’impression que sa politique culturelle soulève l’enthousiasme « coast to coast » ! Elle ne retweete que des commentaires élogieux à son égard. Faut le faire.

Elle est ministre, en charge d’un dossier énorme. Soit elle ne retweete aucun texte sur l’entente, soit elle retweete TOUS les textes sur l’entente.

Là, elle fait de l’écoute sélective : elle n’entend que ceux qui l’applaudissent et fait la sourde oreille aux huées. Elle ne voit que les fleurs et est aveugle aux pots.

Dimanche soir, à Tout le monde en parle, le journaliste économique Gérald Fillion a lancé à Mélanie Joly : « On dirait que vous ne nous entendez pas ».

En entrevue à BLVD, Sophie Prégent de l’UDA me disait qu’elle était exaspérée qu’après avoir consulté le milieu culturel pendant 18 mois Mélanie Joly ne les ait pas entendus.

La ministre du Patrimoine va pouvoir continuer combien de temps à jouer à l’autruche ?