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L’aide médicale à mourir plus populaire

Plus de six Canadiens par jour l’ont obtenue

 Aide médicale à mourir
Photo Fotolia La grande majorité des personnes qui ont reçu l’aide médicale à mourir pendant la première moitié de l’année avaient entre 56 et 85 ans et souffraient du cancer.

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Plus de six Canadiens par jour ont obtenu l’aide médicale à mourir au cours de la première moitié de l’année, révèle un bilan gouvernemental rendu public vendredi.

Pas moins de 1179 décès médicalement assistés ont eu lieu au pays entre le 1er janvier et le 30 juin dernier, selon le deuxième rapport intérimaire publié par Santé Canada depuis l’adoption de la législation en juin 2016.

« Ça illustre que l’aide médicale à mourir répond vraiment à un besoin, et que c’est une réforme qui était absolument nécessaire pour respecter la dignité des gens », estime la députée de Joliette, Véronique Hivon, qui a piloté le projet de loi sur les soins de fin de vie à Québec.

Véronique Hivon, <i>députée de Joliette</i>
Photo d'archives, Simon Clark
Véronique Hivon, députée de Joliette

Il s’agit d’un bond de 46,8 % comparativement aux six derniers mois de 2016, durant lesquels 803 patients s’étaient prévalus de l’aide médicale à mourir.

Pour Georges L’Espérance, président de l’Association québécoise pour le droit de mourir dans la dignité (AQDMD), cette augmentation était prévisible.

« C’est tout à fait normal, puisque la loi fait tranquillement son chemin dans la tête des gens », explique-t-il.

Pour l’instant, les décès médicalement assistés ne représentent que 0,9 % de l’ensemble des morts au Canada. Mais selon M. L’Espérance, ce pourcentage devrait continuer d’augmenter au cours des prochains mois.

« Dans des pays comme la Belgique et les Pays-Bas, l’aide médicale à mourir représente environ 3 % de la totalité des décès, indique-t-il. Il n’y a pas de raison pour que ce ne soit pas la même chose ici. »

À domicile

Le nouveau rapport indique aussi que de plus en plus de patients reçoivent l’aide médicale à mourir à domicile, ce qui réjouit le président de l’AQDMD.

« On est passé de 37 à 40 %, ce qui est une bonne nouvelle, parce que c’est ce que les gens veulent », fait valoir M. L’Espérance.

Il souligne également qu’un seul des décès recensés a été autoadministré.

« À l’Association, on croit que l’aide médicale à mourir doit être un acte médical, comme l’indique son nom, et qu’il ne s’agit donc pas de laisser le patient se débrouiller tout seul, mentionne-t-il. Alors de savoir que c’est arrivé une seule fois, c’est positif. »

Le cancer demeure l’état qui mène le plus souvent à l’aide médicale à mourir. Les Canadiens qui ont eu accès à cette alternative avaient en moyenne 73 ans.