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« Ce disque-là, je l'ai vraiment fait pour moi »

Sarah Bourdon
Photo courtoisie Sarah Bourdon signe tous les titres de son nouvel album Vallée d’argent, en plus d’en assurer la réalisation.

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Ambiant, texturé, riche et « un peu étrange », ce sont les qualificatifs employés par Sarah Bourdon pour décrire son troisième album, Vallée d’argent, opus qu’elle a créé en priorisant ses envies artistiques. « Ce disque-là, je l’ai vraiment fait pour moi. On est loin de la pop qu’on avait avant », nous a-t-elle dit en entrevue.

S’il y a un piège dans lequel Sarah Bourdon n’est pas tombée, depuis ses débuts, c’est bien celui de la répétition. Sur La longue trail (2013), son premier album, c’est la musique folk-country qui avait été mise de l’avant. Sur Mouvements (2015), son successeur, c’est la voie de la pop qui l’avait emporté sur ses premières amours.

« Mes deux premiers disques, je les ai beaucoup faits pour qu’on m’aime. Je me demandais beaucoup ce que les autres allaient en penser, a expliqué la chanteuse. Je ne dis pas que ce n’était pas intègre, mais je me suis censurée beaucoup. »

Voyager

Cette fois-ci, c’est un disque aux influences trip hop, plus introspectif, qu’elle a choisi de présenter au public. « C’est assez planant. Un peu champ gauche, aussi. Il y en a qui aiment ça, d’autres pas du tout », pense-t-elle.

« À un moment donné, le besoin de créer et de laisser une empreinte de ce que je suis vraiment, ç’a dépassé ce désir-là de plaire (...) Moi, je cherche juste à faire de la musique qui me fait triper. »

Les neuf pièces de Vallée d’argent ont été créées à la suite d’un récent voyage au Costa Rica. Plus qu’une simple période de repos, ce périple a marqué le début d’une nouvelle étape dans la vie personnelle et professionnelle de l’artiste.

« M’accorder du temps juste pour moi, c’est quelque chose que je n’avais pas beaucoup fait, dans le passé, car je suis très dévouée aux autres (...) Le Costa Rica, c’est symbolique, pour moi. C’est le premier voyage que j’ai fait seulement pour moi », a-t-elle révélé.

« Dans l’année qui a suivi, je me suis choisie en premier, je me suis isolée, a-t-elle poursuivi. C’est ce qui explique l’ambiance que l’on retrouve, sur le disque. »

En plus d’avoir composé toutes les pièces de son album, la chanteuse a également fait ses premières armes à titre de réalisatrice, dans le cadre de ce projet.

« J’avais fait la composition et beaucoup d’arrangements. Je savais où je voulais m’en aller avec cet album-là. C’est mon troisième aussi. Avec l’expérience, tu en viens à te faire davantage confiance », a dit celle qui s’est tout de même entourée de Marc Bell (Jason­­ Bajada, Ariane Brunet) à titre de coréalisateur­­­.

« Quand j’ai rencontré Marc, je lui ai dit dès le départ que je cherchais un coréalisateur, et qu’il y avait une direction très claire, a-t-elle relaté, précisant qu’elle n’était pas encore assez à l’aise avec la technique liée au son pour pouvoir piloter seule un tel projet. Je dois avouer que je me vois aller et que je réalise que je suis control freak (rires). »

Équipe talentueuse

En plus des musiciens François Lafontaine (Karkwa, Marie-Pierre Arthur), Maxime Bellavance (The Brooks) et Alexandre Lapointe (The Brooks), Sarah Bourdon a aussi retenu les services du quatuor féminin Mommies on the Run pour Vallée d’argent.

Malgré les contraintes budgétaires, la présence de cordes sur quatre de ses pièces était une condition « non négociable », aux yeux de l’artiste.

« Comme je savais tellement ce que je voulais entendre, c’était difficile de faire des compromis sur ce point-là. J’ai décidé de couper ailleurs, plutôt que de sacrifier les cordes, a-t-elle dit. Je trouve ça tellement beau et magnifique. Ça donne un son enveloppant, chaleureux. »

L’auteur-compositeur-interprète Matt Holubwoski, un ami, lui a également prêté main-forte pour les besoins de la seule pièce anglophone (et folk) de l’album, la magnifique As a Statue of Love, sur laquelle il joue de la guitare et chante les chœurs.

« La chanson, elle ne cadre pas vraiment avec les autres. Elle est toute douce, il n’y a pas beaucoup d’arrangements : deux guitares avec des voix, c’est tout. J’avais le goût de retourner à la source et de faire quelque chose de très brut, au niveau de l’émotion. Je trouvais que ça concluait l’album en légèreté et en douceur. »

► L’album Vallée d’argent de Sarah Bourdon est en vente en magasin et en ligne.