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Forestière au secours des caribous

Une entreprise citée en exemple pour son plan de conservation du cervidé en péril

En 2012, 37 des 51 hardes de caribous forestiers au Canada étaient considérées comme « non autosuffisantes », selon Ottawa. Si rien n’est fait, les scientifiques estiment que 30 % des individus pourraient disparaître d’ici 15 ans.
Photo d’archives En 2012, 37 des 51 hardes de caribous forestiers au Canada étaient considérées comme « non autosuffisantes », selon Ottawa. Si rien n’est fait, les scientifiques estiment que 30 % des individus pourraient disparaître d’ici 15 ans.

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Une entreprise forestière fondée au Québec est plus efficace pour protéger les caribous en péril que les gouvernements, selon des experts internationaux.

« Dans le nord du Québec et de l’Ontario, Tembec donne l’exemple. Elle montre qu’il y a des solutions de compromis entre l’industrie et la protection de l’espèce », a déclaré Anna Baggio de l’organisme.

Wildlands League, la Société pour la nature et les parcs au Québec.

Mme Baggio a fait cette déclaration à l’occasion d’une conférence réunissant des experts de tout le pays et des États-Unis sur le caribou forestier. Tous reprochaient à Ottawa et aux provinces leur inaction pour protéger l’espèce.

Tembec, elle, n’a pas attendu les gouvernements pour agir.

Il y a cinq ans, elle a décidé qu’aucun des 350 caribous forestiers qui vivent sur ses territoires de coupes au nord de La Sarre en Abitibi et en Ontario ne disparaîtrait.

Emplois préservés

Cinq ans plus tard, ni Ottawa ni aucune des dix provinces n’ont déposé le plan de conservation, comme elles s’étaient engagées à le faire.

« Il y a une panique dans les régions et dans l’industrie face aux compromis qu’il faut faire », déplore Olivier Kolmel, de Greenpeace.

Pourtant la harde de Tembec est en santé et l’entreprise n’a sacrifié aucun emploi pour la préserver, assure Michel Lessard, vice-président gestion des ressources forestières de Tembec.

« Nos partenaires n’ont aucun intérêt à ce que nos usines ferment, et nous, on a intérêt à protéger l’environnement dans lequel on travaille parce qu’on est là pour de bon », dit-il.

Tembec a des droits sur 675 000 hectares de forêt au nord de La Sarre, au Québec, et sur 3 millions d’hectares dans le nord de l’Ontario, près de Cochrane.

Sur l’ensemble de ce territoire, le mot d’ordre est clair : « On planifie en fonction de l’habitat du caribou », indique M. Lessard.

Michel Lessard, Tembec
Photo courtoisie
Michel Lessard, Tembec

Compromis

L’entreprise a divisé le territoire en zones sur la base de l’expertise des scientifiques et des connaissances ancestrales des Premières nations.

« Certains endroits sont protégés, d’autres sont gelés et on garde des connexions entre les forêts matures pour permettre au caribou de se déplacer », explique M. Lessard.

En harmonie

Si elle ne fait pas l’unanimité, cette méthode permet jusqu’à maintenant à Tembec de cohabiter harmonieusement avec les caribous tout en maintenant son approvisionnement en bois inchangé.

« Ce n’est pas un scénario parfait pour chacun des groupes, c’est certain. Il faut faire des compromis, souligne M. Lessard. C’est normal : on n’est pas seuls en forêt, il y a un paquet d’utilisateurs, c’est tout un écosystème. »

 

Ce qu’ils ont dit

  • «Le déclin du caribou forestier est un long et terrible decrescendo, et dont on fait peu de cas »

            - Jim Schaefer, professeur de biologie à l’Université Trent, en Ontario

  • « L’inaction des provinces et l’absence de plans d’action concrets — et fondés sur la science qui en découle — sont désastreuses pour le caribou, et une honte pour le Canada »

            - Rachel Plotkin, Fondation David Suzuki

  • « Le Canada ternit sa propre réputation de produits forestiers durables en négligeant de protéger l’habitat du caribou »

            - Anthony Swift, Natural Resources Defense Council.