/sports/fighting
Navigation

Une défaite contre Michael Bisping et Georges St-Pierre annoncerait sa retraite

Georges St-Pierre n’a pas l’intention de prendre sa retraite, mais il admet que si jamais il perdait le 4 novembre face au Britannique Michael Bisping, dans un combat présenté au Madison Square Garden, il annoncerait qu’il se retire.
Photo d'archives, Martin Chevalier Georges St-Pierre n’a pas l’intention de prendre sa retraite, mais il admet que si jamais il perdait le 4 novembre face au Britannique Michael Bisping, dans un combat présenté au Madison Square Garden, il annoncerait qu’il se retire.

Coup d'oeil sur cet article

LAS VEGAS | Pendant plusieurs années, Georges St-Pierre a été le visage de l’Ultimate Fighting Championship (UFC) et il a permis à son sport de devenir populaire à travers le monde. Puis, après sa difficile victoire contre Johny Hendricks en 2013 où il a défendu sa couronne des poids des mi-moyens avec succès, le Québécois a décidé de prendre une pause pour lui permettre de remettre de l’ordre de retrouver ses marques dans toutes les sphères de sa vie.

Toutefois, durant cette longue période de temps, il n’a jamais mentionné le mot retraite dans les nombreuses entrevues qu’il a accordées au Québec ou ailleurs dans le monde. Dans son for intérieur, il n’était pas en mesure de dire mission accomplie même s’il avait été champion des 170 lb pendant plusieurs années. Il n’était pas en paix avec le fait de quitter son sport avec ce sentiment.

C’est donc cette quête de satisfaction qu’il tentera d’assouvir, le 4 novembre prochain, alors qu’il affrontera le Britannique Michael Bisping (30-7) pour la couronne des poids moyens (185 lb) de l’UFC au mythique Madison Square Garden. Ce sera un autre gros défi pour le combattant originaire de St-Isidore, mais il les collectionne depuis les quinze dernières années.

Un peu particulier lorsqu’on sait que « GSP » ne s’est pas battu depuis près de quatre ans et qu’il n’a jamais affronté un adversaire de la classe des 185 lb.

« On est dans les arts martiaux mixtes et comparativement aux autres sports, il n’y a pas de combats de remise en forme, a indiqué Georges St-Pierre lors d’une rencontre privée avec quelques journalistes dans les bureaux de l’UFC, dont le représentant du Journal de Montréal, vendredi. Je veux revenir en faisant un gros boom.

« Je suis prêt pour n’importe quel défi qu’on pouvait me trouver. »

Toujours dans le gymnase

Pendant qu’il était loin des octogones de l’UFC, St-Pierre n’a jamais cessé de s’entraîner et de peaufiner ses techniques en arts martiaux. Ce qui signifie qu’il n’est pas reparti de zéro au moment où il a signé son contrat pour affronter Bisping il y a quelques semaines.

« Même si je ne combattais pas, je gardais la forme, a-t-il précisé. J’ai continué de faire des arts martiaux, mais j’ai aussi touché à l’athlétisme et à la gymnastique.

« Cette fois, je suis en train de me préparer pour un duel. C’est complètement différent. »

Et il le fait de façon minutieuse comme il l’a toujours fait. Il veut surtout éviter d’avoir des regrets advenant une défaite contre Bisping.

 

Questions-Réponses

Georges St-Pierre n’a pas l’intention de prendre sa retraite, mais il admet que si jamais il perdait le 4 novembre face au Britannique Michael Bisping, dans un combat présenté au Madison Square Garden, il annoncerait qu’il se retire.
Photo Mathieu Boulay

Dans les sports de combat, il est difficile pour un athlète de tirer sa révérence. Ce n’est pas différent pour Georges St-Pierre qui effectue un retour dans l’octogone après quatre ans d’absence.

Le combattant québécois n’a pas hésité à répondre à plusieurs questions intéressantes sur son passé, son présent et son avenir.

En 2013, après ta victoire contre Johny Hendricks, tu as quitté l’UFC pour une longue pause. À quel moment, as-tu su que tu reviendrais dans l’octogone ?

GSP : « Quelques mois seulement après mon combat. Je ne voulais pas finir ma carrière de cette façon et je n’étais pas heureux. Je veux la compléter avec le sourire aux lèvres. Les structures de ma vie sont bien plus solides qu’avant, tout comme celles à l’entraînement. Par exemple, je peux aller au gymnase à l'heure que je veux alors que ce n’était pas le cas avant. Il y avait trop de distractions. »

Est-ce que la pression était devenue trop forte sur tes épaules ?

GSP : « Quand tu es champion, c’est toujours toi qui es la cible. Il y a toujours un autre gars qui veut t’affronter. C’est tellement difficile d'être au sommet pendant plusieurs années. Ça me rendait presque claustrophobe. J’avais besoin d’une pause de cela. Tous les yeux étaient sur moi. Je prenais ma voiture et je regardais ce que les gens normaux faisaient. Je voyais des personnes sortir de l’épicerie avec leurs sacs et elles se foutaient possiblement de mon dernier combat, car elles ne me connaissaient pas. Je suis rendu compte que mon impact était minuscule par rapport aux autres et ça a remis les choses en perspective. »

À quelques reprises au cours des derniers mois, tu as mentionné qu’advenant une défaite contre Michael Bisping, l’heure de la retraite sonnerait pour toi. Est-ce que tu tiens encore le même discours ?

GSP : « Si je perds, je n’aurai pas honte de le regarder dans les yeux et de lui dire qu’il a été meilleur que moi. Je vais sortir de l’octogone avec le cœur léger et la tête en paix. Et je prendrai ma retraite. Pas question que je m’accroche et que je serve de sac de sable pour les plus jeunes. »

Même si Bisping dit plusieurs choses à ton sujet depuis la signature de votre contrat, tu sembles le respecter. Est-ce que c’est vrai ?

GSP : « Michael est le bon vin. Il s’améliore en vieillissant. C’est vrai qu’il y a plusieurs aspects qui l’avantagent sur papier, mais on verra ce qui se produira quand on se retrouvera ensemble dans l’octogone. J’espère qu’on pourra prendre ces papiers et les mettre à la poubelle après le 4 novembre.

« Je suis content de l’affronter parce que c’est aussi un vétéran. Je sais qu’il dira de mauvaises choses sur moi, mais je le respecte en tant qu’athlète et personne. Il a un cœur de lion et il n’a jamais abandonné. Pour ce qui est de ses attaques, je ne me sens pas visé. Je suis sûr qu’il affirme des choses qu’il ne croit pas dans le fond. Je suis conscient qu’il tente de me déconcentrer. »

Plusieurs combattants seraient tentés d'effectuer un retour dans l’octogone pour encaisser un chèque de paye alléchant. Est-ce que c’est l’une de tes motivations ?

GSP : «Il y a plusieurs personnes qui le feraient pour cette raison, mais pas moi. Ce n’est pas ma priorité et ma principale source de motivation. Lorsque j’étais pauvre, mon principal atout était ma fierté. Mon ego est plus gros que n’importe quoi d’autre. Si tu me donnais le choix entre gagner un duel avec aucune bourse ou en perdre un avec 10 millions $ à la clé, je choisirais la victoire. Je ne peux pas dire que c’est le cas de tout le monde. »

Au cours de ta carrière, tu as surtout œuvré dans la catégorie des mi-moyens (170 lb). Contre Bisping, ce sera un combat où la limite de poids sera fixée à 185 lb. Comment se déroule ta préparation en prévision de ce gain de poids important ?

GSP : « C’est sûr que j’ai eu besoin de faire des ajustements à l’entraînement. Je me prépare pour grimper de catégorie depuis six mois. J’ai commencé une diète spéciale et c’est pour cette raison que je ne voulais affronter personne d’autre que Bisping. J’avais les yeux sur lui et personne d’autre. C’est pour cela que j’ai embauché un spécialiste en nutrition et que tout est bien planifié. »

À quel point ton alimentation a-t-elle changé ?

GSP : « Normalement, je me serais assis avec vous et j’aurais mangé des sandwichs et des chips qu’il y a dans le buffet. Maintenant, j’attends pour mon lunch qui respecte mon plan nutritif à la lettre (deux assiettes avec du saumon et du poulet lui ont été servis avec des asperges et du riz blanc pendant l’entrevue). C’est quelque chose de nouveau. Je me sens plus énergique et plus explosif. »

Sur le même sujet