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Les séquelles d’une jeunesse difficile

Ryan Kennedy
Photo Art-Focus, Nicolas Bertrand

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Il a fait La Voix il y a deux ans, mais c’est surtout grâce à sa chanson Honest Song que le public est tombé amoureux du folk et de la voix unique de Ryan Kennedy. Après être resté dzans les palmarès pendant 60 semaines, l’auteur-compositeur-interprète a choisi de la remettre sur son 2e album, Love Is Gold, son premier opus à être distribué en magasin.

Le ver d’oreille Honest Song a connu un succès instantané à la radio. « C’est la plus belle paye qu’on peut avoir, a-t-il commenté. Ç’a changé beaucoup de choses. Il y a plus de monde qui vient dans mes spectacles. Je me suis ­ramassé à Matane cet été devant 5000 personnes, et les gens ­connaissaient toutes les paroles. Ça change la relation avec le public. »

Enrobée de nouveaux arrangements, il a même décidé de remettre Honest Song sur son second album, Love Is Gold, qui arrive deux ans après Home Fires. Et sur lequel il exorcise de nouveau les démons du passé. « J’aurais pu appeler cet album-là Séquelles de jeunesse », dit-il en riant.

Il faut expliquer que Ryan Kennedy a un parcours pour le moins atypique. Élevé chez les témoins de Jéhovah, qu’il a quittés il y a 10 ans pour faire de la musique, Ryan Kennedy affirme avoir eu une vie « un peu fuckée » qui teinte sa création.

Ryan Kennedy
Photo courtoisie

Rétrospective

Dans Where You’re Sleeping il évoque sa vision différente de l’amour, « parce qu’on apprend à aimer différemment dans cette religion-là », commente-t-il. Dans Sanctuary, il essaie de se trouver une place où il est bien et où il ne pense pas à ses démons. « Cet album-là est vraiment une rétrospective sur comment je prévois m’en sortir à chaque jour », a-t-il confié.

« Ça fait 10 ans que j’ai quitté ce mouvement-là et, à 30 ans, j’ai encore beaucoup de séquelles de ça, raconte-t-il. Je fais des cauchemars sur ça presque chaque nuit. C’est assez difficile d’avoir une vie stable. C’est un combat quotidien. »

Le titre Love Is Gold lui permet de se rappeler à quel point l’amour est important. « L’amour, c’est à tous les jours, et tu peux le partager avec tout le monde. Il faut s’en souvenir, surtout avec ce qui se passe dans le monde. »

Plus indie

Après un album folk, Ryan Kennedy reste fidèle à ses racines, mais propose un son plus indie : il confie s’être laissé influencer par Bon Iver, entre autres. L’album a été réalisé par Dimitri Lebel-Alexandre, enregistré au Studio Picolo, avec la collaboration de François Fontaine (Karkwa).

Il a également demandé de l’aide à Tire le Coyote pour la traduction des pièces Morin Heights et Soul Digger, qui devient Je cours toujours. Un passage nécessaire pour passer à la radio ?

« Oui, certainement. Quand tu es un artiste québécois et que tu veux sortir un album en anglais, c’est très, très difficile. On n’a pas le choix de faire une chanson qui a 51 % de mots français dedans, au minimum. »

Un 3e album

Après son passage à La Voix, Ryan Kennedy avait dit avoir au moins trois albums prêts à être enregistrés et, effectivement, il y en a un troisième en route dont la préproduction est terminée.

Concernant son passage à la populaire émission, il affirme y avoir beaucoup appris sur le métier. « La Voix, c’est un peu l’université du show-business, dit-il. Tu apprends à faire des entrevues, à gérer ton stress à la télé, à chanter devant trois millions de personnes. Il y a des artistes qui ont 30 ans de carrière et qui n’ont jamais eu la chance de faire ça. »


L’album Love Is Gold est disponible maintenant.