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Marc Messier dans un drame américain

Marc Messier dans un drame américain
Photo courtoisie

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Le Théâtre du Rideau Vert amorce sa saison avec la tragédie d’Arthur Miller, La mort d’un commis voyageur, une pièce qui a été couronnée de nombreux prix depuis sa création à Broadway en 1949. C’est Marc Messier, entouré de dix comédiens dirigés par le metteur en scène Serge Denoncourt, qui illustrera à quel point le rêve américain peut tourner au cauchemar.

Après 38 ans de tournée et après avoir pris part à 3322 repré­sentations de la célè­bre pièce Broue, Marc Messier s’attaque à un nouveau défi sur les planches : interpréter le personnage principal d’une pièce dramatique. « C’est un très grand défi », lance l’acteur qui campe Willy Loman, un homme anéanti par la vie. « Le personnage est extraordinaire, c’est un très grand rôle. »

Si le défi est grand, c’est que le personnage – d’abord joué par Jean Duceppe et repris en 1999 par Michel Dumont – est présent pratiquement tout au long de la pièce, ce qui signifie une grande quantité de textes à mémoriser.

Marc Messier, qui a le privilège de choisir les projets dans lesquels il s’implique, avait été approché par le metteur en scène Serge Denoncourt, il y a un peu plus de quatre ans. Celui-ci lui avait alors demandé de choisir une pièce. « Plusieurs pièces m’intéressent, je pense à celles d’Ionesco et de Beckett, mais je suis davantage interpellé par la dramaturgie américaine, confie Marc Messier. J’ai proposé cette pièce d’Arthur Miller parce qu’à la lecture, j’ai vraiment été touché. » Ça tombait bien, puisque Serge Denoncourt est aussi un amoureux des textes de Miller.

Quand tout s’écroule

Dans cette pièce campée dans un climat d’après-guerre, Willy Loman voit son univers s’écrouler. L’homme, un commis voyageur, à l’aube de la retraite, qui a trimé dur toute sa vie, vient de perdre son emploi et peine à payer ses dettes. Il se retrouve face à l’échec et les désillusions. Autrefois un homme d’ambition aspirant au bonheur familial, il se retrouve dans une situation qui inquiète sa femme (Louise Turcot).

« Willy est un homme de 60 ans qui est au désespoir de voir à quel point sa vie s’écroule, lui qui aspirait au rêve américain, explique le comédien. Il se bat pour demeurer en vie. C’est près de notre réalité, ça m’a fait penser à mon père et à mon oncle. »

Relations père-fils

Marc Messier a également été interpellé par les relations père-fils que l’on y aborde. La situation financière précaire de son fils Biff (Éric Bruneau), tout comme son manque d’ambition, exaspère le personnage principal. « Nous sommes dans une grande tragédie », ajoute l’acteur.

La pièce, qui se veut une critique du monde capitaliste, se conclura sur une note tragique.

« C’est aussi une pièce qui tombe à point avec l’ère de Donald­­­ Trump qui incarne le rêve américain, mais aussi le culte de la personnalité et du paraître », conclut-il.

La mort d’un commis voyageur

  • Auteur : Arthur Miller
  • Mise en scène et traduction : Serge Denoncourt
  • Distribution : Marc Messier, Mikhaïl Ahooka, Marilyse Bourque, Éric Bruneau, Sarah Cloutier-Labbé, Charles-Alexandre Dubé, Aude Lachapelle, Jean-Moïse Martin, Mathieu Richard, Manuel Tadros, Louise Turcot
  • Au Théâtre du Rideau Vert jusqu’au 4 novembre
  • Suivi d’une tournée à compter de janvier 2018