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Maxim Martin rend un dernier hommage au jeune cycliste tué sur le mont Royal: salut à toi mon cher Clément

Maxim Martin rend un dernier hommage au jeune cycliste tué sur le mont Royal: salut à toi mon cher Clément
Illustration Nathalie Samson

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Mercredi dernier, un jeune cycliste de 18 ans, Clément Ouimet, perdait la vie en s’entraînant sur le mont Royal. Il a été happé par une voiture qui faisait une manœuvre illégale. Ce jeune homme, je le connaissais bien. C’était mon gendre, l’amoureux de ma fille.

J’étais dans Charlevoix lorsque j’ai appris la nouvelle. J’ai ressenti comme une explosion dans ma tête. C’était surréel. Deux heures avant, je parlais avec ma fille Livia. Elle me disait comment Clément était heureux de venir avec nous voir le match d’ouverture du Canadien. Ce moment de bonheur a disparu soudainement lorsque Clément a perdu la vie... SA vie.

Le temps, c’est tout ce qu’on a

Il n’est pas question que j’utilise cette chronique pour débattre de la relation cycliste/automobiliste. Malgré la haine que je ressens pour le conducteur, je suis obligé de dire que nous sommes tous coupables d’avoir déjà été négligents au volant.

On est toujours pressés. On est prêts à tout pour ne pas arriver en retard. Mais en retard à quoi ? Le décès de Clément me fait réaliser qu’on court toujours après ce putain de temps. Pourtant, quand on y pense, tant qu’on est vivants, on a juste ça, du temps. Clément, lui, il n’en a plus. On lui a enlevé son temps.

Je suis parti de Charlevoix alors que ma fille et sa mère étaient en direction de l’hôpital. Sur le long chemin du retour qui m’a paru interminable, je pensais uniquement aux parents de Clément et, bien sûr, à ma fille.

Pour des parents, on le sait, c’est le pire cauchemar à vivre. Pendant mes quatre heures de route, je pensais à ce que j’allais leur dire en les voyant, mais je n’arrivais pas à trouver les bons mots. Malgré l’évolution du langage, malgré tous les mots qu’on a inventés, je n’en ai trouvé aucun que je puisse assembler pour former une phrase qui fasse du bien, ne serait-ce qu’un peu.

Puis il y a ma fille. Je réalise qu’il n’y a rien que je puisse faire pour lui enlever sa peine. Absolument rien. Se sentir impuissant face à la douleur de son enfant, c’est le pire sentiment au monde. Ça m’a déchiré mon cœur de père.

Trouver un sens

J’essaye de trouver les bons mots pour expliquer l’inexplicable, pour trouver un sens à ce qui est insensé et ainsi alléger la peine de notre petit monde qui est ébranlé par cette tragédie. Les seuls que j’ai trouvés sont ceux-ci :

Les grands sages de l’histoire ont consacré leur vie à essayer de comprendre le sens de l’univers. Moi, je pense que l’âme se sert de notre enveloppe physique pour venir sur Terre apprendre les grandes leçons de l’université de la Vie.

Sa mission de vie

Clément a rempli sa mission de vie, du moins la mission de celle-ci. Son âme s’est connectée à sa famille, à ses amis, à ma fille et il nous a fait grandir avec lui. C’est ce que nous faisons tous. C’est notre seule vraie mission.

Je crois sincèrement à la vie après la mort et à la réincarnation, au sens spirituel et non religieux.

Je pense que la connexion que nous avons avec nos proches ne disparaît pas soudainement lors du décès d’un être cher.

À la famille de Clément ainsi qu’à ma fille, je vous promets que vous allez le revoir un jour, car cette connexion est protégée par l’univers.

Malgré la tristesse et la douleur de ne pas sentir sa présence physique, c’est maintenant dans nos cœurs qu’il faut alimenter notre amour pour lui. Je sais que c’est un gros cliché, mais ça reste vrai.

On t’aime très fort, Clément.