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Fiscalité: le chantage usuel des riches

Fiscalité: le chantage usuel des riches

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Faut pas réduire les inégalités économiques

 

L’OCDE l’a affirmé : «Écart de revenus : le Canada parmi les pires». Et aussi : «Canada au pays du grand écart. Les inégalités de revenu se creusent, les plus riches accaparant une part disproportionnée de la richesse créée» (La Presse et Le Devoir, 1er mai 2014).

Inégalités de richesse comme dans : «Les deux Canadiens les plus riches ont autant que les 30% les plus pauvres» (Le Devoir, 17 janvier 2017). Et aux States : Les grands patrons gagnent 347 fois plus que leurs salariés» (Le Devoir, 10 mai 2017). Gagnent beaucoup plus, mais ont toutefois un taux d’impôt effectif moindre que leurs employés comme l’ont courageusement affirmé l’américain Warren Buffet, un des hommes le plus riche du monde, et le ministre libéral des Finances à Ottawa, Bill Morneau. Et il ne faut surtout pas demander de corriger ces injustices sinon ils partent la machine à chantage et engagent une armée de mercenaires pour vous mettre en garde.

Oui, ils créent de la richesse, mais pour eux exclusivement. Tant pis pour les autres qui doivent se contenter des miettes: «Les salaires ne grimpent pas» et «La proportion des emplois à bas salaire gagne du terrain. Le travail peu rémunéré représente près de 61% du marché, soit plus qu’il y a 20 ans, signale la banque CIBC» (Le Soleil, 2 juillet 2017 et Le Devoir, 29 novembre 2016). Tout ça fait que : «La moitié des travailleurs vivent d’un chèque à l’autre» (Le Devoir, 7 septembre 2017). Je vous le répète, faut pas toucher à ces injustices qui, selon les experts, sont tout simplement «naturelles», car découlant de l’observation des lois, oui des «lois» dites «naturelles» du marché. Y’a rien à faire, tout est dans l’ordre naturel des choses.

 

Il ne faut surtout pas atténuer les inégalités par la fiscalité sinon...

Oser s’attaquer un tout petit peu aux vaches sacrées fiscales des gras durs défrayées par la classe moyenne, et hop, comme toujours arrivent les menaces et le chantage du patronat et de sa fidèle milice sur l’exode des cerveaux et des nantis, du déménagement des compagnies, de l’agression fiscale faite à l’élite économique et même de la faillite du pays ou de la province. Ils n’ont rien à leur épreuve pour intoxiquer, culpabiliser et soumettre.

 

Par exemple, Justin Trudeau et son ministre des Finances, Bill Morneau, veulent abolir trois injustices fiscales totalement injustifiées et inadmissibles et voilà que le gratin sort les épouvantails. Prenons l’exemple de cet article de La Presse canadienne publié dans Le Devoir du 22 septembre 2017 : «Le projet de réforme fiscale libérale aurait déjà fait fuir de grandes sociétés». Québecor a bien fait de se retirer de la Presse canadienne, un organe de relations publiques plus que d’information.

L’article de La Presse canadienne parle de «réforme» fiscale alors qu’il n’en est rien. Le gouvernement libéral fédéral ne vise que trois mesures qui profitent outrageusement qu’aux riches propriétaires de PME. L’article dit que déjà des grandes sociétés ont fui le pays, sans en nommer aucune alors que les corrections fiscales visent les propriétaires de PME, pas les PME elles-mêmes, et encore moins les grandes entreprises. Et puis le journaliste a été «informé» personnellement par John Manley, ex ministre libéral devenu lobbyiste et maintenant président d’une organisation représentant les grandes entreprises du Canada, sans nommer l’organisme. Pourquoi donc? En fait, il s’agit du Conseil canadien des affaires. Tout un travail de journaliste d’enquête de prendre pour du «cash» les propos de John Manley sans faire de vérification.

Mais le comble du ridicule demeure cette «nouvelle» du 4 septembre 2017 émanant de Radio-Canada et intitulée : «Mesure contre l’évitement fiscal: viser les riches, mais toucher les pauvres». Ah ben là, ça dépasse l’entendement. Nous faire accroire que les changements fiscaux envisagés par Justin Trudeau vont viser les riches, mais sans toucher les pauvres, c’est pathétique. Trop, c’est comme pas assez. Un reportage qui fait insulte à l’intelligence des gens. Et qui Radio-Canada a interviewé pour son travail «d’enquête»? André Paulin, un expert-comptable travaillant en cabinet. Pour cet «expert» de Radio-Canada, les pauvres sont les médecins incorporés et les propriétaires de PME. Léo, je t’en prie, ne grimpe pas dans la tapisserie.

 

L’intimidation des puissants a fait reculer le PQ en 2012

Contrairement à François Hollande, l’ex-premier ministre socialiste de la France, et à Kathleen Wynne, l’actuelle première ministre libérale de l’Ontario, qui ont augmenté les impôts des nantis pour plus d’équité fiscale et qui n’ont pas bronché face aux menaces de la classe dominante, le Parti québécois, lui, est revenu sur ses promesses d’accroître les impôts des sultans au Québec et a succombé à leur chantage, ce qui a éventuellement mené à leur perte en se faisant battre par les libéraux en 2014. À l’inverse, Kathleen Wynne a été réélue en 2014 passant d’un gouvernement minoritaire à majoritaire et a maintenu sa promesse d’augmenter les impôts des riches.

 

Promesse des péquistes en campagne électorale 2012, qui montraient tellement de détermination qu’il fallait donc les croire : «Hausse des impôts des nantis. Pas négociable dit Nicolas Marceau» (La Presse, 27 septembre 2012). Et aussi : «Pauline Marois veut taxer les riches pour abolir la contribution santé» (Le Devoir, 9 février 2012).

Oh surprise, le PQ a reculé devant le gros chantage et les grosses menaces du patronat et de leurs amis de compagnie : «Marceau fait marche arrière» et, ah ben chose : «Québec (PQ) n’abolira pas la taxe santé» (La Presse, 11 et 10 octobre 2012). Cré Pauline, va!

 

Le PQ s’excuse d’avoir osé penser à taxer les gros légumes

Au moins, après avoir renié sa promesse électorale de hausser l’impôt des nantis, Pauline Marois et Nicolas Marceau, par respect pour la population trompée, n’avaient vraiment pas besoin de s’épancher en excuses : «Québec (PQ) assure ne plus réserver de surprise en fiscalité» et : «Les investisseurs étaient inquiets (pauvres petits) reconnaît la première ministre» (Le Devoir et La Presse, 26 et 28 janvier 2013). Oui, le patronat aime les surprises, mais du genre baisse d’impôts.

 

 

Les libéraux se joignent aux contre-révolutionnaires

Et oui, le patronat milite toujours contre l’immobilisme au Québec. Oui, faut bouger, mais faut savoir s’activer dans le sens de moins de services publics et moins d’impôts pour les nantis ce qu’ont fait et vont continuer à faire le tandem Leitão-Couillard : «Leitão fait miroiter des baisses d’impôt» (Le Devoir, 7 juillet 2016). Hausser la TVQ et les tarifs des services publics et diminuer les impôts sur le revenu comme l’a fait le PLQ est tout indiqué pour se faire aimer du patronat.

 

En 2012, les libéraux de Jean Charest, le maître, s’étaient furieusement opposés aux hausses d’impôts envisagées par la PQ : «Les libéraux se battront contre "l’angoisse fiscale"» (La Presse, 26 septembre 2012). Angoisse fiscales de nos créateurs qu’ils ont dit. Les copains, pour vous désaltérer les méninges et décanter un peu, lisez la chronique d’Alain Dubuc de La Presse publiée le 9 décembre 2015 : «L’art de taxer les riches». Sa recette, c’est de les détaxer généreusement. Et son collègue de La Presse, Francis Vailles de renchérir le 5 décembre 2015 : «La fuite fiscale des riches». J’ai peur. Comme le chantait Jacques Brel : «Ne me quitte pas».