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Jongler avec les déceptions au travail

Portrait of sad office white collar worker
Photo stock.adobe.com

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Nafi Alibert - 37e AVENUE

 

Obtenir une mauvaise évaluation, voir un poste que l’on croyait sien offert à un autre, se sentir trahi par un collègue... La vie au travail réserve son lot de déceptions. Comment ne pas se laisser abattre par ces déconvenues ?

« La déception est une réaction tout à fait normale, mais elle se traduit par une expression maladroite d’un besoin qui n’a pas été justement exprimé », explique Pierre Boudreault, consultant principal et coach professionnel chez Edgenda. Pour éviter la spirale de la déception, ce dernier conseille aux travailleurs d’utiliser un concept qui prend de plus en plus d’importance : l’intelligence émotionnelle (IE).

L’IE prend le pas sur le QI

Selon les promoteurs de l’intelligence émotionnelle, la compétence d’un travailleur dépendrait davantage de son état d’esprit que de sa capacité à atteindre ses objectifs. Qualité de plus en plus encensée, l’IE renvoie en fait à la capacité de chacun de ressentir et de gérer ses émotions et d’en tirer profit afin de mieux s’adapter à son milieu.

Concernant la déception au travail, Pierre Boudreault articule essentiellement sa démarche autour de deux des quatre composantes de l’IE : la conscience de soi et la gestion de soi (qui sont suivies par la confiance des autres et la gestion des relations).

L’émotion est un indicateur

Pour M. Boudreault, une personne qui cherche à développer sa conscience de soi devrait d’abord et avant tout réaliser que les émotions ne sont ni bonnes ni mauvaises, mais qu’elles sont un symptôme de ce besoin inassouvi.

« À la suite d’une déception, il est donc important de travailler sur le besoin enfoui sous l’émotion et de l’identifier en se demandant ce qui nous habite », indique M. Boudreault, qui illustre son propos en prenant le cas d’une personne qui passe à deux doigts d’obtenir une promotion : « en aspirant à devenir gestionnaire, par exemple, une personne peut ressentir en fait le besoin d’influencer les autres ».

Ce n’est qu’une fois cette « conscience de soi » réalisée qu’il faudra arriver à gérer la déception et travailler à mettre en place des stratégies alternatives qui, en contribuant à nourrir ce besoin, amèneront un individu à retrouver l’équilibre.

Rebondir

Tirer profit de ses déceptions, c’est avoir la capacité de transformer ce que l’on appelle un échec ou une erreur en une situation positive. Pour ce faire, le travailleur désillusionné est invité à appréhender la situation sous l’angle de l’apprentissage, toujours en faisant appel à son intelligence émotionnelle.

En se mettant dans la peau d’un employé qui peine à se faire rembourser d’un collègue à qui il a prêté de l’argent, M. Boudreault explique que « si je suis résilient et que je veux rebondir, je ne dois pas rester bloqué sur cette histoire. Je dois plutôt me dire qu’à présent, nos relations se limiteront strictement à des rapports professionnels, car on doit réussir à continuer de travailler avec les autres ». En bref, il s’agit de prendre du recul et de relativiser !