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Aider les enfants autochtones à s’ouvrir sur leurs émotions

La Fondation Jasmin Roy lance un nouvel outil d’expression des sentiments

De gauche à droite, Patricia-Anne Blanchet, Jasmin Roy et Marco Bacon présentent quelques affiches développées par Mme Blanchet pour aider les jeunes Autochtones à identifier leurs émotions et leurs besoins.
Photo Jean-Francois Desgagnés De gauche à droite, Patricia-Anne Blanchet, Jasmin Roy et Marco Bacon présentent quelques affiches développées par Mme Blanchet pour aider les jeunes Autochtones à identifier leurs émotions et leurs besoins.

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La Fondation Jasmin Roy profite aujourd’hui d’un colloque sur la persévérance scolaire chez les Premières Nations pour lancer un nouvel outil visant à faciliter les apprentissages sociaux et émotionnels chez les enfants autochtones.

Visant « l’alphabétisation des émotions et des besoins », l’outil mis sur pied par la Fondation et développé par l’enseignante Patricia-Anne Blanchet permettra aux enfants de mieux exprimer ce qu’ils ressentent au plus profond d’eux-mêmes. Ils y découvrent divers émotions et besoins accompagnés de pictogrammes facilitant l’identification. Une série d’activités menant au dialogue accompagne le tout.

Mieux lire les élèves

« Quand tu acquiers ces compétences-là à un jeune âge, quand tu parviens à identifier et à parler de ces émotions, tu vas avoir de meilleurs comportements émotionnels et relationnels avec l’entourage. C’est donc plus facile de rester à l’école et d’y trouver ton compte par la suite », explique Jasmin Roy, très heureux d’avoir trouvé les partenaires pour développer ces affiches dérivées dans plusieurs langues autochtones.

Ultimement, l’outil deviendra aussi une manière pour les enseignants de prendre le pouls de leur classe, de mieux « lire leurs élèves ». Un élève qui, par exemple, dit chaque jour ressentir de la colère ou de la tristesse au moment de faire l’exercice permet à l’enseignant d’orienter ses interventions.

Pépinières d’idées

« L’enfant peut en venir à dire qu’il y a des problèmes à la maison, ou qu’il a besoin de voir des amis. Ça permet de prendre la température de la classe tous les jours en permettant de lire l’émotion de l’enfant qui n’est peut-être pas capable d’en parler autrement », ajoute M. Roy.

La nouvelle initiative de la Fondation Jasmin Roy est lancée aujourd’hui dans le cadre du troisième Colloque sur la persévérance et la réussite scolaire chez les Premiers Peuples, organisé par le Centre Nikanite de l’Université du Québec à Chicoutimi.

D’une durée de trois jours, le Colloque se veut une véritable pépinière d’idées visant à améliorer le sort de l’éducation autochtone, un dossier parfois ardu vu les nombreux intervenants impliqués.

« apolitique »

« Tout le monde a un idéal qui est évidemment des institutions autochtones, mais le Colloque n’est pas un véhicule pour ça. C’est apolitique. Ce qu’on voulait était de créer un événement qui met toutes ces personnes-là en lien », indique le directeur du Centre des Premières Nations Nikanite, Marco Bacon, qui organise le Colloque.

Désirant aller dans le même sens, le ministre de l’Éducation Sébastien Proulx a annoncé mardi la tenue d’ici la fin octobre d’une première rencontre de la nouvelle table pour la réussite éducative autochtone.

« Il y avait des lieux de discussion informels, maintenant il y aura un endroit où on discutera de la réussite des élèves autochtones et où on posera surtout des gestes en ce sens. [...] C’est un pas dans la bonne direction », croit le ministre Proulx.