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De la viande perdue par manque de bouchers

La saison de la chasse cause une hausse de travail

Sylvain Fleurant
Photo David Prince Sylvain Fleurant de la Boucherie Des Praz, à Rouyn-Noranda, s’attend à recevoir 300 orignaux pendant la chasse, soit 30% de son chiffre d’affaires.

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Des chasseurs d’orignaux ont été obligés de gaspiller de la viande la fin de semaine dernière en raison d’une pénurie de bouchers.

La situation est problématique en Abitibi-Témiscamingue, où les chasseurs doivent souvent parcourir plusieurs dizaines de kilomètres avant de trouver quelqu’un pour mettre leur proie au frais et la débiter.

La chaleur du dernier week-end a fait en sorte que certains morceaux de viande n’ont pas été refroidis à temps.

« Avec la chaleur qu’il a fait au cours du dernier week-end, il y a des chasseurs qui ne nous ont pas amené leurs orignaux à temps. On a dû en jeter une partie », raconte Réjean Béchard, propriétaire de la pourvoirie Fern, à Duparquet, en Abitibi.

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Ses trois bouchers commencent à travailler à 4 heures du matin et terminent à 19 heures jusqu’au 3 novembre.

Plusieurs autres chasseurs ont dû se trouver une chambre froide en attente d’obtenir les services d’un boucher. La viande doit être conservée à une température variant de 0 à 5 ºC. Dans les temps chauds, les mouches et les parasites viennent la contaminer rapidement.

La région du Témiscamingue est particulièrement problématique puisqu’on trouve moins de cinq boucheries sur un territoire grand comme la Slovénie et qui accueille des chasseurs de partout au Québec.

Pénurie de main-d’œuvre

Les boucheries sont à la recherche de main-d’œuvre, mais les jeunes travailleurs préfèrent se tourner vers les mines de l’Abitibi à cause du salaire plus attrayant. Trois boucheries y ont fermé leurs portes au cours de la dernière année et d’autres suivront.

Âgé de 63 ans, Étienne Grimard de la boucherie du Gibier à Lorrainville ne prend plus de nouveaux clients. Depuis que ses enfants ont quitté l’entreprise familiale, il a réduit la cadence.

Yves Bouffard de la boucherie Le Gourmet de Ville-Marie, a cessé d’accueillir la viande sauvage afin de permettre à deux de ses employés de se rendre à la chasse.

La boucherie des Praz de Rouyn-Noranda s’est retrouvée au maximum de sa capacité (90 orignaux) en moins de deux jours et a adopté des semaines de six jours afin de soutenir la demande.