/news/society
Navigation

Ces histoires d'accidents de vélo qui pourraient être la vôtre

Ces histoires d'accidents de vélo qui pourraient être la vôtre
Photo Agence QMI, Joel Lemay

Coup d'oeil sur cet article

La mort du jeune Clément Ouimet, 18 ans, décédé mercredi dernier alors qu’il s’entraînait dans la montée Camilien-Houde à Montréal, a créé une onde de choc. Une semaine plus tard, les témoignages continuent de déferler par centaines sur sa page personnelle et l’incident a vite relancé le débat sur la sécurité routière des cyclistes. Denis Coderre a même annoncé la mise sur pied d’un groupe de travail pour évaluer la circulation sur les chemins Camilien-Houde et Remembrance, deux routes fréquemment utilisées par les cyclistes pour l’entraînement.

Que ce soit à Montréal ou en région, la cohabitation entre cyclistes et automobilistes a souvent été périlleuse. La preuve: un simple «appel Facebook» m’a permis en quelques heures de recevoir des dizaines d’histoires de cyclistes, mais aussi d’automobilistes impliqués dans des accidents. En voici quelques-unes.

Laïma

Ces histoires d'accidents de vélo qui pourraient être la vôtre
Courtoisie

 

Laïma se déplace à vélo dans les rues de Montréal en cette journée d’octobre 2013. Elle roule sur la rue Fullum et constate que le feu de circulation vert lui permet de traverser l’avenue Mont-Royal. Au même instant, un poids lourd quitte un chantier de construction situé entre Saint-Joseph et Mont-Royal sur Fullum. Dans une drôle de manœuvre, le camion la dépasse et tourne à droite. Laïma est alors forcée de donner un coup de guidon pour éviter le poids lourd de 12 roues. Elle se retrouve au sol et ne peut éviter le camion qui lui roule sur une jambe. D’un point de vue médical, elle aurait dû perdre connaissance, mais Laïma est bien consciente quand plusieurs personnes viennent l’aider. La douleur l’afflige, elle la compare à une brûlure froide, une sorte d’engelure mille fois plus puissante. Elle est finalement transportée à l’hôpital et reçoit une opération sous anesthésie générale, la première d’une série de plusieurs opérations pour rétablir sa jambe. Elle aura besoin d’une convalescence d’un an pour guérir ses multiples fractures. Même encore aujourd’hui, elle vit avec quelques séquelles relativement mineures. Le plus frustrant pour Laïma, c’est qu’elle n’a jamais pu donner sa version des faits aux policiers puisque deux semaines après son accident, ils lui ont indiqué que son dossier était déjà archivé. Aujourd’hui, Laïma suit de près la situation des cyclistes. Elle a également réalisé qu’un coup de guidon de l’autre côté et elle n’aurait pas été en mesure de me conter son histoire.

Manon

Un matin, en 2013, Manon est au volant de son véhicule. Elle reconduit son fils à son école secondaire. Elle amorce un virage vers la gauche afin de tourner sur le boulevard Henri-Bourassa. Selon elle, elle doit rouler à 25 km/h environ lorsqu’un cycliste la heurte de plein fouet du côté conducteur. L’homme se déplaçait à une vitesse avoisinant les 30 km/h. Elle s’immobilise et rejoint immédiatement le cycliste. Il se relève, mais s’effondre immédiatement. Il se rend bien compte qu’il doit recevoir des soins. Les policiers arrivent sur place ainsi que les ambulanciers. À première vue, Manon ne remarque aucune blessure chez l’homme, mais les policiers lui disent qu’il a probablement un traumatisme crânien et la clavicule brisée. Manon demande aux autorités de la tenir au courant, mais les policiers lui disent que ce n’est pas nécessaire puisque l’homme ne succombera pas à ses blessures.

Le cycliste sait bien qu’il est responsable de son accident, c’est d’ailleurs la première chose qu’il confesse aux policiers. Il a anticipé que le feu de circulation allait changer du rouge au vert. Des témoins corroborent également cette version. Même si elle n’a pas pu l’éviter, Manon se sent quand même mal. Ça lui prendra des semaines, voire des mois, avant de tourner ce coin de rue sans ressentir un stress.

Héloïse

Ces histoires d'accidents de vélo qui pourraient être la vôtre
Courtoisie

 

Ça se passe en 2012. Héloïse passe la soirée chez une de ses amies. Pour revenir à son domicile, elle utilise sa bicyclette. Elle approche de l’intersection principale de Saint-Bruno lorsqu’une automobile émerge devant elle, Héloïse croit au départ que la conductrice lui fait un signe pour qu’elle avance, mais la femme regarde plutôt en arrière et chicane ses enfants. Elle décide de traverser la rue et détourne son attention du véhicule jusqu’au moment où elle réalise que l’auto se dirige droit vers elle. Héloïse se fait heurter à une vitesse probable de 50 km/h. Elle rebondit sur le pare-brise puis sur l’asphalte et réussit à se relever. Avec l’adrénaline, elle ne ressent aucune douleur, mais après deux minutes, elle commence à perdre la sensation dans le bas de son corps. Les ambulanciers lui stabilisent le cou et heureusement, elle réussit à bouger ses jambes le soir même. Elle subit plusieurs microfractures aux chevilles et aux genoux, elle est atteinte d’une commotion cérébrale et a une vertèbre fracturée qui l’empêchera de faire du sport pendant un an. Si elle continue de faire du vélo à ce jour, Héloïse avoue que son accident l’affecte, mais davantage en auto. Dès qu’elle voit une voiture s’approcher trop près d’elle, elle se remémore ce traumatisme.

Maxime

Ces histoires d'accidents de vélo qui pourraient être la vôtre
Courtoisie

 

Maxime se déplace en voiture à Saint-Jérôme au début des années 2010. Il entame un virage pour rentrer dans un stationnement. Des autos stationnées sur le bord de la rue bloquent partiellement sa vue. Il roule donc à une vitesse raisonnable. Un cycliste utilisant le trottoir fonce par contre directement sur son véhicule. L’homme est sonné, son vélo semble mal en point, mais il paraît pressé. Il quitte immédiatement les lieux après avoir répondu à Maxime qu’il était correct. Pensait-il être dans le tort? Se sentait-il mal d’avoir heurté le véhicule à Maxime? Ce sont des questions que le jeune homme se pose encore aujourd’hui.

Maxime

Maxime (un autre) travaille sur la rue Laurier, à Montréal. Pour retourner à son domicile, en juillet 2017, il emprunte la rue Saint-Denis vers le nord. Il vient tout juste de tourner sur cette artère et roule à côté des véhicules stationnés, sur le bord du trottoir, quand une dame ouvre sa portière. Maxime, qui se trouve à sa hauteur, est alors propulsé par terre, mais réussit à faire une roulade pour amortir sa chute. Heureusement, les voitures en mouvement freinent en arrière de lui et il n’y a donc pas de deuxième collision. Il s’en tire avec quelques ecchymoses et égratignures.

Environ trois mois plus tard, Maxime roule en direction est sur la rue Laurier. Il arrive près du métro Laurier lorsqu’un véhicule vient s’immobiliser dans la piste cyclable. Il pense pouvoir l’éviter à sa droite, mais au même instant, une passagère sur le banc arrière ouvre sa portière. Maxime réussit à freiner à la dernière seconde et évite ainsi de se lancer sur le trottoir pour ne pas heurter la porte. Au début, la jeune femme s’excuse, mais la discussion s’envenime et elle menace d’appeler la police. Elle ne sait sûrement pas que l’emportiérage (ouvrir sa portière sans précautions) constitue une infraction au Code de sécurité routière, punissable d’une amende minimale de 200 $. La situation se règle finalement à l’amiable, mais Maxime considère quand même que ce deuxième accident aurait pu vite dégénérer puisqu’il roulait à grande vitesse et que le véhicule devant lui a fait plusieurs manœuvres dangereuses dans une piste cyclable.