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Pour une meilleure mixité des orignaux en Gaspésie

Bloc orignal
Photo Julien Cabana En Gaspésie, les autorités ont décidé d’augmenter le nombre de permis de femelles orignal adultes au cours des prochaines saisons, afin de rétablir l’équilibre mâles/femelles dans la population.

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À la suite des résultats du dernier inventaire aérien qui se tenait en Gaspésie (zone 1) à l’hiver 2017, les responsables du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) ont décidé d’augmenter le nombre de femelles orignal adultes qui devront être récoltées au cours des prochaines saisons.

On a procédé à cet inventaire entre le 20 janvier et le 5 février afin d’avoir le portrait exact de la population d’orignaux de la région. La population a été estimée à 16 000 individus, soit une densité moyenne de 8,9 orignaux aux 10 kilomètres carrés. Ce résultat représente une augmentation de l’ordre de 13 % par rapport à celui de 7,9 bêtes aux 10 kilomètres carrés de l’inventaire précédent qui avait eu lieu à l’hiver 2007.

L’URGENCE D’AGIR

Là où il y a une différence marquante, c’est dans la division mâles/femelles parmi la population. On a estimé que les femelles formaient une proportion très élevée de la population avec 64 %, une augmentation de 29 % par rapport à 2007. La proportion des mâles adultes a diminué beaucoup, passant de 29 % en 2007 à seulement 17 % en 2017.

Selon les experts, l’état de la situation de la population de la zone 1, en excluant les réserves fauniques et les parcs, serait principalement attribuable à la protection accrue des femelles et au taux de prélèvement très élevé des mâles adultes durant les 10 années séparant les deux inventaires. Il faut savoir que chaque automne, près de 25 000 chasseurs prennent d’assaut la Gaspésie pour tenter d’abattre un orignal.

Ce déséquilibre des sexes dans la population a une influence directe sur la productivité du troupeau. L’objectif visé en termes de population est de

10 orignaux aux 10 kilomètres carrés, dans le plan de gestion de l’espèce actuellement en vigueur jusqu’en 2019. C’est afin de rééquilibrer les choses que les spécialistes ont décidé d’augmenter la pression d’abattage sur les femelles adultes. Pour ce faire, le nombre de permis spéciaux pour la femelle orignal sera augmenté de façon significative au cours des prochaines saisons. Cela aura pour effet direct de diminuer la pression sur les mâles et, espère-t-on, de favoriser une meilleure productivité globale de la population d’orignaux de la région.

UNE DRÔLE DE SAISON

Depuis quelques années, le mois de septembre est plutôt chaud, ce qui a souvent pour effet de diminuer les mouvements des orignaux durant la journée. Cet automne n’y a pas échappé. Durant la saison de chasse à l’arc, plusieurs amateurs ont fait chou blanc, ce qui les a amenés à penser que les statistiques seraient moins bonnes cette saison.

Si la saison a débuté lentement, aussitôt que la chasse à la carabine a été ouverte, la récolte a suivi son cours normal. Les boucheries spécialisées sont inondées de demandes. Certains chasseurs sont invités à attendre deux ou trois jours avant de se présenter avec leur bête. La cadence est donc normale.

Comme il est impossible d’obtenir des statistiques durant la saison de chasse, parce que le MFFP a décidé de les abandonner, il faut discuter avec des gens du milieu pour en savoir plus. Mes antennes me disent que nous allons avoir une saison dans la normale.

Si certains croient qu’il y a diminution, un de mes amis me déclarait avoir vu 15 présences d’orignaux durant son séjour de chasse en territoire libre. Il ne fait certainement pas exception à la règle. Présentement, les températures se sont améliorées. Nul doute que les orignaux vont circuler plus souvent.

 

INVENTAIRE EN ABITIBI-TÉMISCAMINGUE

L’hiver dernier, un inventaire tenu dans la zone 13 (Abitibi-Témiscamingue) a permis aux spécialistes de comprendre que la population d’orignaux s’était maintenue au même niveau par rapport au dernier inventaire tenu en 2005. La population a été estimée à 14 000 individus. Les densités les plus élevées ont été observées dans les secteurs de Rouyn-Noranda et du Témiscamingue. Les densités les plus faibles ont été enregistrées dans le secteur à l’est de Senneterre. Cette différence s’expliquerait par la qualité de l’habitat qui est plus faible dans ce secteur.

 

AUTOCHTONES DANS LES LAURENTIDES

Des chasseurs m’ont écrit pour dénoncer le fait qu’ils avaient eu à vivre leur dernière partie de chasse dans la réserve faunique des Laurentides, au travers de certains membres de la nation huronne-wendat. Certains se sont même fait bloquer une partie de leur zone de chasse dès le matin du 23 septembre. Ces chasseurs se disent choqués d’avoir à subir de telles mésaventures alors que normalement, il serait possible de cohabiter harmonieusement. Certains s’en sont pris à la Sépaq. Il faut savoir que cette dernière n’a aucun pouvoir sur ce type de situation qui existe dans la réserve depuis de nombreuses années. Tout ce dossier est purement politique. C’est de ces instances que doit venir la solution.

 

CODE DE BONNES PRATIQUES

Encore cette saison, il vous sera possible de signer le Code des bonnes pratiques pour la chasse de l’orignal dans les zecs. Les autorités vous invitent à mettre en pratique ce code qui permettra une cohabitation plus harmonieuse entre les chasseurs qui fréquentent ces zecs partout au Québec. Les agents de protection de la faune vont prêter une attention particulière au phénomène d’appropriation de territoire qui se joue parfois dans certaines zecs. Selon la loi, l’accès aux zecs est pour tout un chacun. Le droit de chasser est inaliénable.